Constantine - Revue de Presse

Tabagisme en milieu scolaire



48% de potaches seraient dépendants de la nicotine Quarante-huit pour cent de potaches seraient dépendants de la nicotine, d?après les résultats d?une enquête réalisée à Constantine par une équipe composée de six étudiants en médecine, deux médecins épidémiologistes, un maître assistant dans la même spécialité et un superviseur, le professeur Djamel Zoughaïlèche, responsable de l?Observatoire régional de la santé (ORS). Elle a porté, précise-t-il, sur une population cible de 1238 élèves du 3e cycle fondamental et du secondaire de la commune de Constantine, laquelle est subdivisée en dix circonscriptions scolaires, et s?est orientée autour de 40 classes pédagogiques issues de 10 CEM et autant de lycées où 618 élèves du cycle moyen et 620 secondaire ont été soumis à un questionnaire constitué de 15 questions. Soutenue par l?OMS, cette première enquête réalisée à Constantine a permis, d?après l?initiateur de cette opération, « de confirmer l?ampleur des méfaits de ce phénomène grâce à l?identification des caractéristiques du tabagisme en milieu scolaire, sa fréquence, l?âge et le sexe des fumeurs, leurs attitudes et pratiques face à ce fléau ». Selon la même source, l?étude a porté sur un échantillonnage de 618 élèves du moyen et 620 du secondaire, les deux sexes confondus. 45% déclarent avoir consommé du tabac avant l?âge de 12 ans, 40,01% entre 13 et 16 ans, et 14,4% après 17 ans. 29,9% reconnaissent avoir consommé du tabac au quartier, 13% au sein même de l?établissement scolaire, 6,5% au domicile familial, 2,1% dans les toilettes, 1,7% dans des salles de jeux, 1,78% sur des sites sportifs et 24,5% avouent sans détour avoir fumé dans tous ces endroits. Cette enquête dévoile également que 91% des élèves consommateurs de tabac évoluent dans un entourage tabagique et 9% dans un milieu non tabagique. Concernant les effets psychiques induits, 34,4% déclarent que le tabac a sur eux un effet tranquillisant, 30,02% reconnaissent qu?il constitue un facteur de risque, 17,2% le considèrent comme un stimulant et 13,2% admettent volontiers qu?il favorise la débauche. Quant aux effets du tabac sur le rendement scolaire, 22,8% des élèves estiment qu?il a un effet positif sur leurs performances scolaires. A contrario, 83,7% d?entre eux considèrent que le tabac est hautement nuisible à la santé contre 7,6% qui lui trouvent un effet positif. S?agissant des raisons ayant incité à la consommation du tabac, 46,7% des élèves avouent avoir goûté à leur première cigarette par simple curiosité avant de d?y devenir dépendants, 13,6% pour imiter les copains, 11,1% pour la frime et le prestige, et enfin 2% pour se donner l?impression de jouer dans la cour des grands. Crânerie ou surestimation de soi, 65,5% des élèves fumeurs estiment être en mesure de s?arrêter de fumer à tout moment contre 20,4% qui pensent, au contraire, qu?il leur est impossible pour le moment de se priver du tabac. De l?autre côté de la barrière, l?enquête a déterminé que 80% des 20 établissements ciblés sont entourés de points de vente informels, les fameuses tables tenues par des gamins exclus du système scolaire. Enfin, cette étude révèle également que 7,8% des élèves ciblés consomment du tabac à chiquer, une pratique que certains d?entre eux ont avoué pratiquer en aparté par crainte d?une « fuite » qui les dévaloriserait aux yeux des filles qui voient d?un très mauvais ?il les amateurs de chique, si l?on en croit les conclusions de cette enquête qui a le mérite d?aller au fond du problème. En conclusion, le professeur Djamel Zoughaïlèche souligne que l?intervention auprès des jeunes est indissociable de la lutte globale qui doit être menée à grande échelle contre le tabac, sachant que, d?après une étude de l?OMS, 90% des fumeurs adultes débutent à l?âge de l?adolescence. « En 1990, précise ce dernier, l?Algérie a produit 23 milliards de cigarettes avec une moyenne de 160 cigarettes par an et par habitant et on sait que la consommation a triplé au cours de ces deux dernières décennies, passant de 7,7% en 1978 à 20,6% en 1998 et ces taux vont certainement augmenter dans les années à venir si l?on ne met pas en place des actions de prévention efficaces et, de ce point de vue, l?école pourrait en être le c?ur. »
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