Hadjer Haroun, à peine 18 ans, semble avoir trouvé la poussière d'étoile.
Constantine.
De notre envoyé spécial
Guidée par son oncle musicien, Samir Toumi, leader du groupe The Rail Road's, la jeune chanteuse est montée, vendredi soir, sur la scène du Théâtre régional de Constantine, au deuxième soir du 11e Festival international du jazz, Dimajazz 2013. Dans un style pop, rock, folk, Hadjer Haroun, native de la ville des Ponts, a interprété une douzaine de chansons de ses propres compositions. Cette étudiante en pharmacie écrit aussi ses chansons. Elle a entamé son premier grand concert avec Hyat al nass (la vie des gens), une sorte de ballade rocky gorgée de sensualité. Le jeune public du Dimajazz a vite adhéré au chant de Hadjer Haroun, même si l'artiste n'a pas pu surmonter complètement sa timidité. Normal, c'est sa première grande scène ! Elle n'est entrée totalement dans le bain musical qu'au bout d'une demi-heure. You smile, I smile all the time (tu souris, je souris tout le temps) est une autre chanson qui, de toute évidence, évoque l'amour et ses complaintes. Suivront d'autres titres : Into the dark, Turn around, Night joke. Des chansons empreintes d'une certaine fraîcheur juvénile.
Hadjer Haroun est en pleine formation de sa personnalité musicale. Elle doit l'avoir avec le travail et l'aide de son oncle Samir Toumi. Car, à écouter Hadjer Haroun, on a à l'oreille, Just like heaven de Katie Melua ou Come away with me de Norah Jones. «Il y a deux ou trois ans, j'écoutais beaucoup Norah Jones. Mais, je ne l'imite pas. Avec le temps, ma culture musicale a encore évolué», s'est défendue l'artiste, lors de la conférence de presse qui a suivi le concert. «Le concert de ce soir n'est pas le début d'une carrière. Une carrière ne se décide pas en une soirée. C'est un cheminement, en fait», a repris Samir Toumi qui est établi en France. «Si je continue à travailler avec mon oncle, rien ne va me manquer. Mon oncle m'apporte beaucoup de choses», a répondu la jeune chanteuse. Hadjer Haroun a déjà participé au Dimajazz dans la section Off. «J'ai commencé, il y a deux ans en choriste. J'ai chanté ensuite en solo.
Et puis, cette année, j'ai eu l'honneur d'être en In avec mon oncle Samir Toumi. j'ai commencé à écrire mes chansons qu'en anglais et je me suis dite pourquoi ne pas écrire en arabe. Une belle chanson pour moi, c'est celle où l'on ne raconte pas l'importe quoi», a-t-elle expliqué. Samir Toumi, qui porte le même nom que le chanteur de hawzi, a estimé qu'avec le talent on peut tout faire en matière artistique. «Pas besoin de faire grand-chose pour que ça passe. Lorsqu'il y a une belle composition, on n'a pas besoin d'en rajouter. Cela ressemble à un bon plat. Inutile d'ajouter du sel ou du poivre pour qu'il soit plus goûteux. Ce que fait Hadjer, même avec une seule guitare ça peut passer. Je n'ai fait qu'ajouter quelques intros et pauses et puis, c'est bon ! Avoir une nièce comme Hadjer, c'est un bonheur pour moi, surtout d'être là avec un public algérien», a-t-il soutenu. Il a regretté que Hadjer n'ait pas eu beaucoup d'occasions. «C'est pour cela que j'ai du respect particulier pour Dimajazz. Le Dimajazz, c'est la consécration de l'art et de la jeunesse algérienne.
A son âge, on s'était battus pour faire de la musique, mais on n'est pas arrivés à réaliser nos objectifs ici. Nous sommes, en quelque sorte les martyrs de la transition. Nous sommes encore en vie grâce à des jeunes comme Hadjer. L'avenir de l'Algérie, c'est la femme», a souligné Samir Toumi.
Hadjer Haroun et Rail Road's vont bientôt entrer en studio, en France, pour l'enregistrement d'un album. «Ici, je n'ai pas la chance d'avoir tous les moyens que je peux avoir là-bas. A partir de septembre, nous aurons des projets», a annoncé Samir Toumi.
Hadjer Haroun, qui, comme son oncle, adore les Beatles et qui est une adepte de l'ouverture musicale, a souhaité qu'on donne plus de chance aux jeunes artistes algériens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com