
Le Conseil national autonome des enseignants du secondaire et technique élargi (Cnapeste) a relayé, hier à Constantine, son mot d'ordre de maintien de la grève. Il a entamé sa troisième semaine en paralysant les 53 lycées que compte la wilaya, avec un taux de suivi toujours stable, près de 80%, affirme le bureau. Un chiffre contesté et revu à la baisse par la direction de l'éducation, qui évalue le débrayage à 34,81%, sachant que ce cycle rassemble 27 476 professeurs. Le sit-in observé mercredi matin devant la direction de l'académie et la lettre transmise aux gestionnaires du secteur à l'échelle locale et nationale, n'auront finalement pas eu l'effet escompté en ce qui concerne la traduction tangible des doléances.Au contraire, le ministre Baba Ahmed a manifesté son souhait de reporter les dates des examens (baccalauréat, BEM et sixième), au motif que si le gel persiste il serait quasi impossible de rattraper le retard, d'autant qu'il rejette la notion de seuil dans les cours. «Une décision irréfléchie», de l'avis du conseil, arguant que ce sera un autre pavé lancé dans la mare. «La première fois le ministre a jugé utile de rapprocher les examens de fin d'année et maintenant il suggère leur éloignement : cela prouve qu'il n'existe aucune stratégie claire de la part de la tutelle.Celle-ci va encore aggraver la situation en recourant à cette solution de décaler les épreuves. Car indirectement, elle va interpeller les élèves à s'exprimer par le désaveu», estime le conseil de Constantine, représenté par la coordinatrice Mme Soualah Djamila. Pour cette dernière, la tutelle a montré ses limites dans la résolution du problème, en témoignent selon elle des décisions pêle-mêle décrétées chaque jour : intimidations, menaces, rattrapage.«Nous n'allons pas reprendre les cours sans du concret. Le ministre veut des discussions en parallèle avec une reprise. C'est ce que nous récusons.Le Cnapeste exerce son droit de grève selon la réglementation en vigueur. Sans engagement solennel de la part des pouvoirs publics, il n'est pas question de renouer avec l'enseignement», ajoute notre même source. Si pour le conseil le bout du tunnel demeure imperceptible, l'Union nationale des personnels de l'éducation et de la formation (Unpef) en a vu un fragment. De fait, le premier cycle a enregistré une reprise des cours, contrairement au palier moyen qui reste quasiment gelé. Et cela est dû à la «régularisation de quelques points (l'acceptation du passage à l'échelon 14 et la formation)», précise l'Unpef locale soutenant que «des procès verbaux inhérent à ces satisfactions ont été paraphés». En termes de chiffres, le chargé de la communication de l'éducation nous fera part d'un suivi presque insignifiant dans les deux premiers paliers : 5,22% pour le primaire et 5,50% pour le moyen, les deux paliers enrôlant respectivement 3 679 et 3 601 enseignants. Les élèves, en définitive, ont pris goût au repos forcé. Difficile sera la récupération du volume horaire perdu. C'est la crainte des parents aussi.N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nasser Hannachi
Source : www.latribune-online.com