«La présence des métaux lourds dans les boues des stations d'épuration
des eaux usées limite leurs utilisations
dans l'agriculture et nécessite une attention particulière».
C'est à travers cette mise en garde lourde de sens et de portée que
débute une communication, présentée lors d'un congrès international tenu les 7,
8 et 9 décembre à Constantine, dont l'élaboration du contenu a été le soin de
quatre chercheurs du laboratoire de pollution et traitement des eaux de
l'université Mentouri. Tout simplement, la présence d'un taux insoupçonné de
métaux lourds dans la boue des stations d'épuration des eaux usées est une
sérieuse menace qui plane sur les centaines d'hectares de cultures qui sont -
ou seront, car plusieurs stations du genre se trouvent encore en cours de
validation - irriguées à partir de ces stations, et aussi (et surtout) une
menace sur la santé du consommateur, qui s'approvisionne en fruits et légumes
qui auront été irrigués par des eaux hautement toxiques ! L'étude menée par ces
chercheurs du laboratoire de pollution et traitement des eaux dans les boues de
la station d'épuration de la ville de Constantine et celle de Chelghoum Laïd,
révèle une teneur importante enregistrée pour le zinc et le cuivre, ainsi que
le fer, le plomb, dans des proportions de concentration qui ne dépassent pas
les normes exigées, mais qui peuvent aller au delà de ce seuil si l'activité
économique environnante utilise cette matière première. Ce sont là deux métaux
lourds qui peuvent causer un massacre sur les champs irrigués à partir de ces
deux stations.
Contacté sur le sujet, le
responsable de la cellule de communication de la SEACO, organisme qui devrait
prendre en charge la gestion de la station de Constantine, nous apprendra que
le projet de cette station d'épuration (300 litres/seconde) est en cours de
validation, et une fois validé, ses eaux devront irriguer 350 hectares de
champs maraîchers et d'arboriculture dans la plaine de Hamma Bouziane. Bien
évidemment, notre interlocuteur tiendra à préciser que l'irrigation se fera en
fonction de la qualité des eaux, et que sur cette base, la SEACO ne manquera
pas d'ouvrir des investigations dans ce sens avant de se lancer dans une
quelconque entreprise d'irrigation. Pour le professeur Tahar Sehili, président
du comité d'organisation du congrès international, «il s'agit de voir plus loin
à propos de la présence de métaux lourds dans les boues des stations d'épuration
des eaux usées, c'est-à-dire qu'il faut remonter en amont de la source pour
éradiquer le mal à la racine». Ce dernier préconisera, en effet, de cerner
préalablement les activités industrielles, ou les entités qui déversent leurs
déchets vers la station d'épuration, et éradiquer l'activité informelle dans ce
genre de créneaux. «Car, dira-t-il, à ce moment-là, on pourra savoir avec
précision d'où vient le déchet, et s'occuper de sa dépollution à sa sortie
d'usine, parce que les moyens existent, pour peu que l'on prête attention aux
scientifiques.» Hélas, signalera avec dépit le professeur T. Sehili, l'absence
de collaboration avec les centres de recherche des universités ne prête guère à
l'optimisme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : AZerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com