Constantine - A la une

Sous le signe de la célébration de la liberté de la presse



Des citoyens de divers horizons se sont joints au rassemblement des journalistes animant pendant près de deux heures le débat ouvert consacré à la liberté d'expression.Onzième vendredi successif de manifestations citoyennes à Constantine contre le système et le personnel politique qui l'incarne, marqué cette fois-ci par la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.
Une date de commémoration et de participation active au "hirak" par les journalistes exerçant dans cette ville qui ont ouvert le débat avec des citoyens sur la place publique avant de rallier, dès 14h, la dernière marche populaire avant le mois de Ramadhan. Des journalistes qui ont boudé la veille la cérémonie "honorifique" organisée par le wali en hommage aux gens des médias, encore une, divisés entre amateurs de solennités officielles et récalcitrants qui ont épousé, en cette journée, la cause du peuple. Des citoyens de divers horizons se sont joints au rassemblement des journalistes animant pendant près de deux heures le débat ouvert consacré à la liberté d'expression, aux conditions de travail des journalistes et au harcèlement en tous genres qu'ils subissent, mais aussi au respect des règles éthiques et déontologiques par lesquelles ils sont tenus. Les mêmes animateurs de cette agora ont rejoint par la suite la marche citoyenne munis d'une large banderole portant les effigies des martyrs de la corporation durant la décennie noire. D'ailleurs, de nombreuses pancartes brandies au sein de ce même carré étaient dédiées exclusivement à la liberté d'expression, condamnant la censure et la volonté manifeste de mise à mort des organes de presse qui dérangent par les tenants du pouvoir, ou encore reprenant des citations célèbres de grands reporters et chroniqueurs tel ce fragment d'anthologie du défunt Tahar Djaout : "Si tu parles, tu meurs, si tu te tais, tu meurs. Alors, dis et meurs." Une minute de silence à la mémoire des journalistes assassinés par des intégristes durant la décennie noire a été observée durant la marche à la place de la Pyramide, exactement en face du renfort des services de l'ordre bouclant les accès au cabinet du wali. Concernant la marche citoyenne proprement dite, rien ou presque n'a dérogé aux scènes et images ayant marqué les dix premières éditions de la mobilisation citoyenne. Par dizaines de milliers, les manifestants ont reproduit pratiquement tous les slogans déjà appris et ont soutenu qu'ils ne renonceront jamais et n'arrêterons les manifestations qu'une fois toutes les figures du pouvoir en place chassées. Même le vice-ministre de la Défense et chef d'état-major de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, n'y a pas échappé, car invité, lui aussi, par les manifestants à prendre ses responsabilités et engagements tenus devant le peuple, sinon à dégager. Des islamistes, aussi, dépassés dans un premier temps par l'ampleur du mouvement et demeurés assez timides jusque-là, semblent s'engager désormais dans une véritable entreprise de récupération et tentent de conduire les marches à leur guise, y compris à travers des admonestations à peine voilées qui rappellent des agissements de triste mémoire. Le "hirak" devrait s'en méfier.
Kamel Ghimouze
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