
Le débat autour de la résurgence du terrorisme s'est intensifié de manière notable ces derniers mois suite aux évènements survenus dans plusieurs localités du pays, mais aussi en raison du contexte régional marqué par une remontée des terroristes de Daesh vers les pays limitrophes.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les évènements en question ont été perçus comme des signes inquiétants. Des signes précurseurs d'une situation pouvant replonger, dans une moindre mesure, le pays dans des moments douloureux.Les faits parlent d'eux-mêmes : l'attentat perpétré contre un policier à Constantine a révélé l'existence d'un groupe terroriste composé de plus d'une soixantaine de personnes traqué depuis plus de deux mois par les forces de l'ordre. Une première depuis de longues années puisque l'activité terroriste, dans cette région comme partout ailleurs, avait été pratiquement rendue impossible en raison d'une pression très forte exercée par les services de sécurité mais aussi de la prise de conscience totale d'une population décidée à découdre définitivement avec le phénomène. Du coup, les groupes terroristes se sont retrouvés coupés de leurs principaux réseaux de soutien et réduits, par conséquent, à se terrer, privés de nourriture et de logistique.Des experts en matière sécuritaire avaient indiqué à plusieurs reprises que ces groupes avaient été laminés et qu'ils ne se composaient plus que d'individus isolés. Ce qui s'est passé à Constantine a alors introduit une question lancinante : qu'est-ce qui a permis aux groupes de se reconstituer et de parvenir à opérer au grand jour 'La question s'est posée avec d'autant d'acuité qu'un autre évènement de taille s'est produit un peu plus tard dans le centre du pays. A Aà'n-Defla, les terroristes ont réussi à dresser un faux barrage tuant deux jeunes appelés et un citoyen qui se déplaçaient à bord d'un taxi. Les malheureux ont été égorgés et leurs dépouilles brûlées. Les auteurs du massacre ont voulu ainsi choquer les esprits et signifier de la manière la plus forte leur retour.D'anciens responsables chargés de mener la lutte antiterroriste durant les moments les plus difficiles qu'ait connus l'Algérie expliquent cette situation par l'infiltration d'éléments terroristes venus des pays limitrophes pour tenter de réactiver les cellules dormantes vers le pays.Le dernier évènement survenu il y a moins de quinze jours aux frontières algéro-maliennes est d'ailleurs là pour le prouver. Une information sécuritaire diffusée à travers un communiqué du ministère de la Défense a fait savoir qu'un accrochage avait eu lieu entre une patrouille de l'ANP et un groupe armé où il y avait un étranger dont la nationalité n'a pas été révélée.Le communiqué indiquait uniquement que ce dernier avait été arrêté. La même source annonçait, cependant, au même moment qu'un important lot d'armes avait été découvert un peu plus loin. Le puzzle se met en place quelques semaines plus tard, à travers une déclaration du commissaire chargé de la paix et de la sécurité de l'Afrique au sein de l'Union africaine.Devant un parterre composé d'experts militaires et de diplomates africains, il annonçait que l'Afrique, en général, et le Sahel, particulièrement, étaient sous la menace d'une flambée terroriste en raison de l'arrivée massive d'anciens activistes de Daesh chassés d'Irak, de Syrie et de Libye où se mène une lutte sans merci contre l'organisation terroriste. Cette information avait été précédée, quelques mois plus tèt, par un rapport de Ban Ki-moon qui faisait part de ses inquiétudes au Conseil de sécurité suite à des informations révélant une remontée des terroristes de Daesh activant en Libye vers les pays limitrophes.L'Algérie est citée au même titre que les autres Etats voisins. Vendredi dernier, le ministre de l'Intérieur tunisien avait confirmé les appréhensions de Ban Ki-moon et des autorités des pays concernés en faisant savoir (devant son Parlement) que près de 800 djihadistes tunisiens étaient déjà rentrés au pays.Pour se protéger, le pouvoir tunisien s'est doté d'un système de sécurité ultra-sophistiqué dont des drones de surveillance. L'Algérie devra, elle, compter sur ses troupes militaires mobilisées sans relâche aux frontières”?
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A C
Source : www.lesoirdalgerie.com