Le congrès ordinaire de l'union de wilaya de l'UGTA, tenu, hier, sous le sceau de l'opulence, au Zénith, en présence du secrétaire général de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi-Saïd, n'a vraisemblablement pas désamorcé la crise qui secoue la maison UGTA dans la capitale de l'Est depuis près de deux décennies.Expéditif, le conclave auquel ont assisté les autorités locales, dont le wali de Constantine, qui a eu droit, pour la circonstance, à tous les égards de la part du secrétaire général de l'UGTA et du secrétaire national aux relations et à la communication, chargé par la Centrale syndicale de la préparation du congrès de wilaya, n'aura valu, en définitif, que par le discours lénifiant de Sidi-Saïd. Car, trop parfaite, la mise en scène orchestrée dans une salle bondée de monde entre invités et congressistes dûment accrédités n'aura duré que quelques minutes pour se terminer par un vote en plénière, plébiscitant le nouveau secrétaire général de l'union de wilaya, Bousaha Zoheïr en l'occurrence, membre de l'ancien bureau et non moins secrétaire général de l'union locale d'El-Khroub. Et, au même moment, se tenait "symboliquement" le congrès des frondeurs devant la maison des syndicats Abdelhak-Benhamouda située au centre-ville. Les portes de cette dernière étaient, en effet, fermées devant ces dizaines de syndicalistes se prévalant de la légitimité des urnes. Issus de plusieurs unions locales, ils étaient déjà montés au créneau à plusieurs reprises pour dénoncer la décision de la Centrale syndicale de prononcer la dissolution de l'union de wilaya ainsi que les six unions locales relevant de cette dernière et, partant, tout ce qui a trait à la préparation du congrès, jugé illégal et contraire à l'esprit des textes qui régissent l'UGTA.
Dénonçant "le scénario du Zénith" qui se déroulait en même temps, ils s'en sont pris hier à Sidi-Saïd qu'ils accusent de "man?uvrer déjà en perspective du congrès national et de contrecarrer le mouvement de redressement conduit par l'ex-secrétaire national chargé de l'organique, Tayeb Hmarnia, en s'adjugeant un maximum de clients à sa cause".
Sidi-Saïd : "Il y a Gandhi, Mandela et Abdelaziz Bouteflika"
Le discours édulcorant prononcé par le SG de l'UGTA à l'ouverture du congrès de l'union de wilaya de Constantine n'a pas dérogé à la règle qu'il s'est s'assignée, puisqu'il y consacrera une longue missive d'allégeance au président Bouteflika. Sidi-Saïd, qui ne pouvait occulter la réalité de la crise profonde qui mine son organisation dans la ville d'Abdelhak Benhamouda, s'est, d'abord, voulu franc et porteur d'espoir pour le dénouement de celle-ci. "J'étais blessé par ce qui s'est passé dans la wilaya de Constantine, une citadelle du militantisme syndical algérien qui a donné tant de symboles dont le chahid Abdelhak Benhamouda. Vous m'avez énormément blessé et dérangé. J'ai pris mon mal en patience et attendu ce moment qui va nous faire oublier cette crise", dira-t-il d'emblée. "Vous avez donné des secrétaires généraux de l'UGTA, vous avez donné un secrétaire général de la Cisa (Confédération internationale des syndicats arabes), Hacène Djemam en l'occurrence, et d'imaginer qu'à Constantine, le syndicalisme allait disparaître et d'en arriver au point qu'un syndicaliste brandisse une arme blanche à la face de son frère syndicaliste était impensable. Nous allons considérer ces dérives comme une étape et nous pardonnons. Les 47 wilayas peuvent se tromper mais vous non, pas Constantine. Rien que pour ces figures que vous avez données, vous n'avez pas le droit de porter atteinte au militantisme syndical. Quand on venait à Constantine, c'était pour se ressourcer à la maison des syndicats. Grâce à notre volonté à tous, nous avons dépassé la crise qui dure depuis 2000. Dix-huit ans de crise, c'est trop. Cesser les suspensions et les mises à l'écart des syndicalistes. C'est quoi ce souk ! C'est uniquement à Constantine que l'on retrouve deux unions locales et deux unions syndicales pour une même représentation. Je le dis non pas pour vous culpabiliser, mais parce que je suis blessé. Rien que pour la mémoire de ces monuments syndicaux, vous devez être dans les premières lignes du combat syndical", poursuivra-t-il. Pour lui, "quand on parle de l'UGTA, on le fait à haute voix, avec fierté et un seul principe : la préservation de l'Algérie et personne ne nous donne de leçons s'agissant des mouvements de grève car quand nous nous y mettons, nous le faisons avec minutie. Mais l'évolution du syndicalisme et de la pensée nous donne d'autres voies et moyens : le dialogue. Nous avons choisi le dialogue et le rapprochement avec les gestionnaires en les considérant comme des compagnons. Une noblesse qui fait que le wali, le P/ APW et les députés des deux chambres sont aujourd'hui parmi nous. C'est une fierté pour l'UGTA qui prône une nouvelle approche du dialogue social qui est la clé de tous les problèmes". "À l'UGTA, nous n'avons aucun complexe à manifester notre attachement à la préservation de la stabilité de la République, bien au contraire, c'est avec fierté que nous en parlons. Nous n'avons aucun fonds de commerce, mais nous sommes conscients que pour atteindre la paix et la stabilité qui règnent aujourd'hui dans le pays, il fallait un facteur déclencheur. Il fallait une personne qui ait le courage et la force de dire qu'il faut que l'effusion de sang et des larmes cesse. Bouteflika a instauré la paix, et nous lui devons, chaque jour, toute la reconnaissance pour son ?uvre. J'en suis certain, nous ne sommes pas capables de lui rendre toute la gratitude qu'il mérite. Rien que pour la paix qui prévaut dans chaque parcelle du territoire national, nous avons le devoir de porter cet homme sur nos têtes et nos épaules. Chaque jour que Dieu fait, c'est cette paix qui nous fait avancer. Puis, il y a la deuxième grande décision, le paiement par anticipation de la dette algérienne. Sans cela, le FMI serait de retour avec la crise actuelle. Une crise que nous n'avons guère ressentie et une ?uvre que vous ne risquez pas de trouver de par le monde. Il y a Gandhi, Mandela et Abdelaziz Bouteflika", conclut, sans sourciller, Sidi-Saïd.
Kamel Ghimouze
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Ghimouze
Source : www.liberte-algerie.com