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Seules les associations de musique andalouse assurent une relève Absence d'investissement pour la création d'espaces d'initiation culturelle à Constantine



Seules les associations de musique andalouse assurent une relève                                    Absence d'investissement pour la création d'espaces d'initiation culturelle à Constantine
De notre correspondant à Constantine
Nasser Hannachi

C'est une situation qui perdure depuis des années. L'engagement «volontaire» privé en matière artistique reste faible pour ne pas dire inexistant. Le ton aura été donné et scellé : en laisser le soin aux efforts émanant du secteur public, autrement dit aux actions du ministère de la Culture par le truchement des directions de la Culture de wilaya : La création des espaces culturels d'activités et l'élaboration des programmes. Ce qui stérilise l'aspect artistique et culturel, au point de le rendre machinal puisqu'il fait «irruption» uniquement lors des manifestations programmées officiellement. Aussi vaste soit 'il l'art, ou plus précisément son enseignement aux adeptes, requiert autant d'écoles et d'espaces ateliers en vue de le véhiculer jusqu'à la perfection. Les pouvoirs publics ont, depuis quelques années, adopté une stratégie somme toute louable sur papier : élargir le spectre de l'apprentissage à toute frange désireuse de s'initier à la faveur de l'existence des maisons de la Culture par-dessus tout. Un gage pour le moins tolérable, dans la mesure où l'alternative parallèle, c'est-à-dire celle issue des initiatives mécènes, ne fuse pas. Constantine et ses localités comptent quelques infrastructures vouées à l'exercice. Mais c'est entre autodidaxie et quelques cours dispensés en public que les férus des arts s'y adonnent pour une exploration optimale.Et la formation dans tout cela ou précisément le corps d'enseignants mis en place pour transmettre les rudiments artistiques ' Sujet à maintes reprises évoqué, que ce soit pour le 4ème art ou en d'autres disciplines, le volet perfectionnement aura toujours été évoqué par les responsables du secteur culturel. C'est une touche qui devra être peaufinée pour demeurer collé aux muses universelles. Les festivals institutionnalisés y ont apporté quelques lueurs éphémères. A titre d'exemple, le théâtre régional est impatient d'accueillir des experts formateurs pour affûter davantage les planches. Le projet en question piétine, malgré toutes les conditions notamment financières favorables à sa réussite. Idem pour les autres activités. Machinalement, les arts sont prodigués. Le manque d'encadrement et la mise à jour des connaissances font cruellement défaut. Ce n'est qu'un fragment de la configuration relative au manque de perfectionnement au sein des institutions publiques dont le budget , pourtant, donne le tournis ! A Constantine, la majorité des artistes ou comédiens que l'on a accostés évoquent la question «du suivi et de la formation», arguant que les organismes publics ne peuvent, à eux seuls, prendre en charge toutes les aspirations des initiés sans la mise en place d'un riche potentiel émanant du secteur privé. «On a investi en tout sauf dans le volet voué aux arts», déplore un artiste. C'est une réalité. La Ville des ponts tourne le dos à ce genre d'engagements. Il n'existe pas d'espaces pluridisciplinaires extra- officiels en hommage au volet artistique. Roue libre pour le seul conservatoire communal, l'école des Beaux- arts et bien évidemment les rituelles associations du Malouf qui prennent en charge cet art et ce style de musique à Constantine. Pour évoquer notamment les affiliations, ces associations se chargent de préserver, à leur manière, les acquis andalous .Quoique ce chapitre soit enseigné aux jeunots au niveau de l'office public El Inchirah Maqam, celles-ci transmettent, à leur manière, les notes.Elles suivent leur méthode pour permettre aux élèves de s'imprégner d'emblée des belles notes. Du moins jusqu'ici, cela était gagné. Combien de fois ces associations n'ont 'elles pas honoré la ville au cours des différentes manifestations nationales ou internationales ' «Nous cherchons à inculquer le plus fidèlement possible les bases élémentaires de cette musique», confie M. Zarabi responsable artistique et chef d'orchestre de l'association affiliée à la Sonelgaz, en l'occurrence El Inchirah. Evoquant les méthodes appliquées au conservatoire communal et au sein de l'association, il estimera que le parcours reste le même sauf qu'à El Inchirah, l'élève adoptera prématurément l'instrument de son choix dans un temps très court. Le conservatoire suit une démarche «académique», dans la mesure où le solfège primera pendant plus d'une année avant que le disciple ne gratte ses premières notes. A chacun sa méthode .L'association à peine a-t-elle bouclé le semestre de cette année qu'elle s'apprête à honorer ses élèves dont des nouveaux et ce, en les mettant sur scène incessamment .Ce qui dénote la bonne méthode inculquée ! Active depuis plusieurs années, elle a accouché de plusieurs talents qui, aujourd'hui, forment son ossature. «Cette saison, on a opté pour une école annexe qui initie les débutants. Plus de 30 jeunes musiciens y sont inscrits. Ils suivent une formation qui est toujours fidèle à la tradition d'El Inchirah. C'est à dire où le vedettariat n'a pas de place», a ajouté le professeur de musique, mettant en relief le propre profil d'El inchirah : une association musicale traditionnelle soucieuse, par passion, de sauvegarder cet art.
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