Des révélations en cascade autour de deux affaires de corruption ont sans doute marqué l'année 2012. Ces dossiers, très médiatisés, donnent un aperçu sur ce mal qui gangrène le pays sans donner un réel aperçu de son ampleur. Certains hauts responsables, cités pourtant par les accusés, n'ont pas été impliqués dans l'enrôlement de ces affaires.
L'un des scandales retentissant est sans doute celui ayant touché le géant national des hydrocarbures fournissant 98% des recettes en devises du pays. Son P-DG, ses deux fils, ainsi que l'ex-P-DG du Crédit populaire d'Algérie, son fils et 15 cadres des deux entreprises sont poursuivis en justice pour corruption et malversations. Les investigations ont été déclenchées autour de 1 600 contrats établis par Sonatrach durant 5 ans. Le P-DG de Sonatrach, en détention, a déclaré devant la justice avoir toujours agi sous le contrôle du ministre de l'Energie, Chakib Khelil. L'enquête complémentaire ordonnée par le juge portant sur les biens et avoirs détenus par les mis en cause aussi bien en Algérie qu'à l'étranger sera sans doute la dernière étape de l'instruction. De nombreuses lourdeurs procédurales ont émaillé, en effet, cette affaire révélée en 2010 et dont le procès tarde à être programmé.
Il faut savoir que plusieurs charges, initialement retenues, ont été levées, notamment celle de l'association de malfaiteurs car les enquêteurs n'ont pas trouvé de liens entre les différentes malversations découvertes. Il faut savoir aussi que cette entreprise nationale n'est pas à son premier scandale. Car bien avant cette affaire de malversations, il y en a eu une autre, étouffée dans l''uf. Il s'agit de l'affaire BRC, société aux capitaux mixtes détenus à raison de 51% par Sonatrach et 40% par la compagnie pétrolière Halliburton.
Il y a quelques jours, l'édition électronique d'un quotidien vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en soutenant que le groupe pétrolier italien Saipem en Algérie aurait versé en 2007, à des dirigeants de Sonatrach, des commissions variant entre 150 et 200 millions de dollars afin de remporter les deux contrats relatifs à la construction du gazoduc GK3. Un projet qui a rapporté au groupe italien pas moins de 580 millions de dollars.
Quant à l'autre grand dossier actuellement en justice et dont la presse rapporte régulièrement de nouvelles données, il concerne l'autoroute Est-Ouest. Comme Sonatrach, cette affaire a éclaté, il y a de cela deux années, suite à une lettre anonyme adressée à la présidence de République dénonçant les agissements de plusieurs responsables de l'Agence nationale des autoroutes (ANA) et des cadres du ministère des Travaux publics.
Cette missive mettait en avant notamment le coût élevé d'un kilomètre d'autoroute qui revenait jusqu'à 8 millions de dollars alors que, selon les normes internationales, celui-ci ne dépasserait pas les 6 millions de dollars.
Les firmes chinoise Citic-Crce et japonaise Cojaal étaient chargées des travaux de ce projet d'un montant de plus de 6 milliards de dollars qui leur a été confié en 2006. Les responsables de ces deux entreprises étrangères ont reconnu, lors de leur audition par la justice, avoir mis à la disposition des cadres précités des lignes de téléphone, des téléphones mobiles et des véhicules gratuitement, de leur avoir loué des villas à Alger et Constantine et construit un bâtiment avec logements de fonction, soutenant que ces avantages étaient prévus dans les clauses du marché qui leur a été attribué.
Ces derniers jours, des dossiers fournis par des sources anonymes et publiés dans un quotidien national impliquent directement le ministre des Travaux publics dans ce scandale. Ce dernier a répliqué qu'il faisait confiance à la justice et ne dirait rien tant que l'affaire est encore entre les mains de cette dernière.
N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nissa HAMMADI
Source : www.liberte-algerie.com