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Sarkozy, Longuet, Hollande : Ecce homo



Sarkozy, Longuet, Hollande : Ecce homo
Tempête médiatique à plus d'un mois avant son arrivée. Celle-ci est allée crescendo sur tout ce qui pourrait être dit et négocié entre la délégation accompagnant le chef de l'Etat français et les responsables algériens. La repentance étant de loin le point le plus important et donc bien au-delà du dossier brûlant malien ou de la réalisation d'une usine Renault, relégués au statut d'alibi.
Monté en puissance quarante-huit heures durant, l'évènement tel un soufflet est vite retombé après l'adresse de François Hollande aux parlementaires. Et, une semaine après, retour au calme car, bien entendu, aussi bien du côté algérien que du côté français des responsables doivent certainement s'affairer à matérialiser les engagements pris de part et d'autre. Mais autant dire que certains dossiers risquent de passer à la trappe ou renvoyés sine die parce qu'à un moment où à un autre le désamour s'est réinstallé et pour cause un évènement politique ponctuel qui sera rapidement qualifié de malentendu passager ou de man'uvre politicienne d'une opposition revancharde. En somme une situation habituelle que toutes les associations et autres amicales franco-algériennes se chargeront d'édulcorer pour rabibocher les deux parties.
En décembre 2005, Nicolas Sarkozy avait, une fois sa visite annoncée, suscité encore plus de passion. Un président de droite, une droite qui n'avait pas franchement pas bon commerce en Algérie et deux fois plus qu'une parce que celui qui en portait les couleurs, aussi décomplexé voulait-il le faire croire, était plus qu'impopulaire auprès des Algériens et pour cause ses discours musclés au cours de sa campagne électorale, mais également et surtout les mesures scélérates prises et autres lois rétrogrades qu'il a inspirées. En déclarant à Constantine : «Jeunes d'Algérie, je suis venu vous dire que vous devez être fiers de votre pays parce que l'Algérie est un grand pays. Jeunes d'Algérie, je suis venu vous dire que vous devez être fiers d'être de jeunes musulmans parce que la civilisation musulmane est une grande civilisation», Sarkozy absolvait dans le foulée le colonialisme en soulignant que «ceux qui étaient venus s'installer en Algérie, je veux vous le dire, étaient de bonne volonté et de bonne foi. Ils étaient venus pour travailler et pour construire, sans l'intention d'asservir, ni d'exploiter personne», histoire de justifier la fameuse loi du 23 février 2005, et par voie de conséquence la politique bienfaitrice de la colonisation, il était pour le moins difficile de réaliser meilleure performance.
En décembre de cette année, François Hollande a mieux fait encore, puisqu'il dira ne pas être venu pour faire repentance. Difficile d'être plus direct et surtout de s'appliquer et appliquer à l'autre le principe de l'attaque comme le meilleur moyen de défense. Le reste n'en sera finalement que facilité et preuve en a été fournie avec la standing-ovation à laquelle il a eu droit, qui plus est de la part de parlementaires que tout le monde disait arc-boutés sur l'obligation de repentance et excuses sur toutes les abominations commises par le colonialisme durant 132 ans.
Sarkozy, Hollande et Longuet, sur cette question précise, sont pratiquement sur la même longueur d'onde sauf que chacun le dit avec plus ou moins de tact.
A. L.
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