La ville nouvelle Ali Mendjeli s'est imposée comme solution face à l'asphyxie de la ville de Constantine. Plusieurs années après sa création, le gouvernement et le Premier ministre reconnaissent enfin que la nouvelle ville Ali Mendjeli est une erreur à laquelle il faudrait trouver une solution rapide pour sa mise à niveau.
Douze ans après la réalisation des premiers bâtiments après mille péripéties et difficultés, de gros problèmes commencent à surgir. Il est à préciser que la nouvelle ville Ali Mendjeli a été créée dans le cadre du plan d'urbanisme directeur PUD du groupement de Constantine approuvé par l'arrêté interministériel n° 16 du 28 janvier 1988. Sa création a été confirmée dans le cadre du PDAU et elle a été baptisée Ali- Mendjeli par décret présidentiel n° 2000-17 du 5 août 2000. La nouvelle ville abrite déjà près de 200'000 habitants et n'offre aucune activité aux habitants qui se trouvent obligés de se déplacer vers Constantine. Du coup, le centre de Constantine, loin d'être décongestionné, se trouve doté d'une autre cité dortoir.
Destinée à jouer un rôle attractif pour les investisseurs publics et privés, elle n'accueille pour le moment que des programmes d'habitat social (93%). Le déficit en logements promotionnels s'explique en partie par le manque d'acquéreurs. Certains promoteurs ont transformé leurs projets en programme sociaux participatifs pour pouvoir les vendre. La ville connaît actuellement d'énormes problèmes en plus des retards illimités, la médiocrité, la banalité et la piètre qualité de la construction.
Les entreprises non qualifiées sont libres de construire en commettant des erreurs soit voulues par mesure d'économie ou non intentionnelles par ignorance et manque de qualification. Les utilisateurs seront les premières victimes. Encore une fois, les «exigences quantitatives» de la construction l'ont emporté sur la qualité de l'espace de la nouvelle ville. L'acte de bâtir est exprimé en chiffres, programmes, règlements, budget et fonction...
Les failles identifiées
La problématique de cet ensemble urbain s'articule autour de quatre éléments essentiels. Il s'agit en premier lieu de la pression enregistrée en matière de logements. Ces réalisations ont coïncidé avec les nombreuses opérations de transfert dans le cadre de l'éradication de l'habitat précaire et les glissements de terrain. Le deuxième point a trait au non-suivi de la réalisation d'équipements publics de base.
La ville est appelée à contenir plus de 400 000 habitants à l'horizon 2015 et connaît un large déficit en établissements scolaires, structures de santé et structures sportives et culturelles de proximité. Le troisième point est relatif au problème crucial de l'emploi, car la nouvelle ville est dépourvue d'infrastructures économiques. A ce titre, la réalisation d'une zone d'activité est plus que nécessaire car l'assiette foncière est disponible. Le dernier élément réside dans le caractère hybride de cet ensemble urbain. Il chevauche sur les deux communes d'El Khroub et de Aïn Smara, avec comme conséquence l'inexistence d'un statut administratif pour prendre en charge la gestion quotidienne de cette ville.
Un programme urgent de mise à niveau
Un montant de 14 milliards de dinars a été accordé par le gouvernement comme première tranche pour le lancement du programme d'urgence de mise à niveau de la ville. Le lancement du programme a été fait en septembre 2012. Toutes les assiettes de terrain réservées à ce programme sont disponibles, selon le wali de Constantine, M. Badoui, qui avait annoncé la mise en place d'un dispositif de travail à travers lequel des évaluations hebdomadaires mensuelles et trimestrielles des chantiers lancés seront données.
Les mesures d'urgence pour la mise à niveau de la nouvelle ville Ali-Mendjeli qui compte une population actuelle estimée à 200 000 habitants sont assurées avec des équipements publics saturés ou dépassés. Pour les constructions scolaires, il faudrait 50 groupes scolaires, 25 CEM et 15 lycées d'ici 2015 pour que la ville nouvelle puisse assurer les places pédagogiques nécessaires. Dans le secteur de la santé, 4 polycliniques et 30 salles de soins sont prévues d'ici 2015, une polyclinique et 3 salles de soins sont en cours de réalisation pour l'année 2012.
En matière de sécurité, les estimations évoquent la nécessité de doter Ali-Mendjeli de 10 sûretés urbaines pour une couverture sécuritaire adéquate. Six sûretés urbaines aux unités de voisinage sont programmées pour cette année et la réalisation d'une sûreté de daïra dans une des unités de voisinage a été arrêtée. Dans le secteur de la jeunesse et des sports, un stade, 7 complexes sportifs de proximité (CSP), 7 maisons de jeunes, 2 piscines de proximité, 1 auberge de jeunes, 1 salle OMS et 20 terrains de proximité sont programmés d'ici 2015, dont des CSP, des maisons de jeunes et une piscine seront réalisés cette année.
En matière de viabilisation et de réseaux divers, il est prévu la réalisation de voies d'accès de la ville universitaire, la viabilisation de plusieurs unités de voisinage de la ville y compris le raccordement en gaz, ainsi que la viabilisation du pôle urbain sud d'Ali-Mendjeli. Pour l'alimentation en eau potable, l'urgence au cours de cette année est donnée au raccordement des unités de voisinage 19 et 20, avec renforcement pour les autres unités. La ville universitaire est également concernée par ce volet. Enfin, l'élaboration d'un plan de circulation pour Ali-Mendjeli s'impose dès cette année ainsi que la réalisation d'un service d'état civil et de quatre délégations communales.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : I T
Source : www.letempsdz.com