Les animateurs d'une table ronde organisée dimanche à l'université des sciences islamiques Emir-Abdelkader de Constantine, en commémoration des événements sanglants de Sakiet Sidi Youcef ont rappelé que la barbarie coloniale a "fusionné à jamais sang algérien et tunisien".
Le Dr. Mohamed Zeghdaoui, enseignant de droit public à l'université de Constantine-1, a affirmé que les chasseurs bombardiers et les B26 "n'avaient fait aucune distinction entre les personnes âgées, écoliers et femmes sans défense des deux pays lorsqu'ils avaient lancé, le 8 février 1958, leurs engins de mort sur ce village de la Tunisie pourtant indépendante".
Le conférencier a souligné le caractère "universellement illégal" de ces bombardements qui ont constitué, aux yeux du droit public international, "une véritable agression et un viol flagrant des droits de l'Homme dans un pays indépendant".
Le Pr. Abdallah Boukhelkhal, recteur de l'université Emir-Abdelkader, initiatrice de cette rencontre qui a réuni des universitaires, des moudjahidine et des historiens de la région, a souligné le "caractère inhumain" de ces raids qui avaient coûté la vie à une centaine de victimes des deux pays dont 12 femmes et 20 enfants, et blessé plus de 130 personnes.
Le Moudjahid Mohamed El Hadi Kracha, dit Hamoudi, secrétaire de wilaya de l'organisation nationale des moudjahidine (ONM), a mis, quant à lui, en relief l'atrocité de ces actes d'une "rare sauvagerie" perpétrés contre un Etat qui venait d'obtenir son indépendance.
M. Omar Bekhouche, directeur de wilaya des moudjahidine a pour sa part rejeté les "faux alibis" et le caractère "fallacieux" des "allégories" de l'armée coloniale qui prétendait que les bombardements visaient exclusivement ce qu'elle considérait, à tort, comme des bases arrières du Front de libération nationale et de son bras armé, l'armée de libération nationale (ALN).
Les Moudjahidine participants à cette table ronde ont également fait état des circonstances de cette attaque aérienne, survenue un jour de marché hebdomadaire au village de Sakiet Sidi Youcef, d'habitude paisible et serein qui abritait à l'époque des Algériens que la guerre avait poussé à l'exil.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz