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Rude quotidien hivernal pour la ville des Ponts suspendus



Rude quotidien hivernal pour la ville des Ponts suspendus
Nasser HannachiLa ville s'est invitée à une vaste opération de mise à niveau. C'est l'évènement de 2015 qui a provoqué cette frénésie infrastructurelle avec une option de réhabilitation. Du coup, les ateliers s'érigent par endroits en pas de tortue et la population souffre au quotidien pour se rendre à son lieu de travail ou à l'inverse rentrer le soir. Inutile de dire que pendant la saison des pluies, c'est la gadoue pour les citoyens qui s'y enfoncent jusqu'aux genoux, les nombreux chantiers engendrant de la boue que les eaux emportent surleur passage. Une phrase qui se veut apaisante prononcée par lesresponsables : «Patience. Cela profitera à Constantine». Mais à quel prix ' Coups d'aissette, bruits de montage d'échafaudages ou de grues, coupures d'électricité (même si des préavis sont placardés par la Sonelgaz), fuites d'eau...un laborieux quotidien pour les Constantinois, alors que les chantiers s'éternisent. Difficile de retaper une ville ancienne de 2 500 ans lorsque ses rides se sont multipliées sans avoir été liftées partiellement au fil des temps, faute d'une stratégie globale associant outils urbanistiques et savoir-faire. C'est le cas de la cité millénaire, Constantine. Elle vit à un rythme effréné depuis quelques mois. La hantise de rater sa rentrée en perspective de l'évènement «Constantine capitale de la culture arabe 2015», a contraint lesresponsables à ouvrir en simultané sur plusieurs fronts alliant nouvelles constructions et rafistolage «express» des points névralgiques, dont principalement le vieux bâti de l'époque coloniale. La ville est ainsi «décortiquée» et souvent défigurée. La population souffre au quotidien avec les embouteillages quasiment à chaque heure de la journée. C'est dramatique, c'est la galère. Aucune place n'a été épargnée par ce remue-ménage et les délais de livraison des chantiers sont très approximatifs, si ce n'est : «On sera au rendez-vous», mais sans trop se soucier de la qualité des ouvrages. La ronde hebdomadaire d'inspection, amorcée il y a quelques mois par le wali, tente à chaque fois de booster les travaux. Mais le forcing semble avoir généré l'usure qui se lit d'ores et déjà dans la cadence des entreprises en charge des ateliers.Les premières alertes météos quant à des averses ont donné des sueurs froides aux travailleurs sur place. Et l'exiguïté des voies de circulation malmène les usagers automobiles qui ne savent plus par où se faufiler. Tous les raccourcis ont été épuisés, en vain. L'effet entonnoir persiste sur les routes, malgré la mise en service du Transrhumel, et l'ouverture du boulevard de l'Abîme - à la demande persistante de la population- dont une partie de la corniche n'a pas été achevée. Les citoyens observent groggy la lenteur des travaux. Parfois ils approchent les ouvriers pour s'enquérir des réhabilitations en cours, tandis que des usagers automobiles, affectés par cette grande «opération de reconstruction», tentent de se frayer un itinéraire parfois entre deux monticules de gravillons pour poursuivre leur itinéraire. Les écoliers ont doublé de vigilance pour éviter d'éventuels chocs : les quais au c?ur de la cité sont en réfection. «On s'est habitué aux éternels travaux. Constantine est réputé pour les retards et les bricolages dans chaque ruelle», martèle un riverain avant de poursuivre : «Au lieu de mettre les bouchées double avant les grandes pluies, les diverses opérations s'éternisent.» À ce titre, les responsables locaux ont instruit quelques opérateurs de recourir à laformule ininterrompue des 3x8. Une injonction qui ne pourra cependant pas concerner tous les chantiers surtout ceux incrustés en pleines habitations. C'est l'autre défection génératrice de renvoi aux calendes grecques ! C'est l'occasion ou jamais de mettre la capitale de l'Est à niveau à travers le programme infrastructurel opulent qui doit lui profiter. Les précédents chantiers en souffrance se sont greffés aux présentes esquisses rendant le quotidien contraignant. Et nul parmi le mouvement associatif n'a daignéinterpeler les élus pour inciter ces derniers à soulever ces problèmes dans des sessions communales ou de wilaya. En clair, tout ce branle-bas de combat qui prévaut dans les coins principaux de la ville est placé dans le contexte de l'évènement d'avril 2015. Ce qui éclipse toutes les tares et retards occasionnés. Une chose est sûre, rassure les autorités locales, Constantine aura un nouveau look d'ici quelques mois. Autrement dit dans 4 mois. C'est le pari des gestionnaires de finir les chantiers à temps et étrenner cette nouvelle ville qui ne cesse d'afficher des projets mi-figue mi-raisin. In fine les chantiers engagés dans la capitale de l'Est auraient pu bien profiter de la clémence météorologique afin de se booster. La crainte qui plane actuellement demeure liée à une éventuelle colère du ciel, surtout si, entre deux averses, une troisième s'annonçait forte. Certes les gros chantiers sont en train de se peaufiner en intra atelier (salles de spectacle, le palais de la culture,...). Mais ce qui constitue une tuile réside dans les restaurations sur les toits et façades des immeubles et sur les trottoirs en réfection progressive.N. H.


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