Constantine - A la une

Résurgence du commerce informel et complaisance des pouvoirs publics Espaces publics de nouveau investis à Constantine



A. Lemili

Rues et espaces publics sont de nouveau occupés par les étals de commerçants occasionnels à travers la wilaya de Constantine.
La cause ' L'approche de la fête de l'Aïd. Les conséquences ' La probabilité d'une situation exceptionnelle qui va survivre au mois de Ramadhan pour venir en fin de compte grossir le rang des commerçants informels et battre en brèche les mesures officiellement prises pour éradiquer ceux déjà existants. En somme, l'image consacrée du serpent qui se mord la queue. Or, tant qu'une solution économique et sociale définitive ne sera pas prise, l'évolution du phénomène n'en deviendra qu'endémique d'année en année.
Ces vendeurs, qui ne sont d'ailleurs plus qualifiés «d'à la sauvette» dans la mesure où, non seulement ils ont pignon sur rue, ils commercent en présence d'une très forte présence policière dont la mission est, c'est connu en raison de son hypermédiatisation, de se limiter à assurer la protection et la quiétude des milliers de femmes, hommes et enfants que, canicule oblige, se déversent dans les rues après la rupture du jeûne.
Nous apprendrons auprès de la majorité des commerçants «ponctuels» que c'est avec l'accord des services de la commune qui leur aurait délivré de «vive voix» l'autorisation d'exercer leur activité jusqu'au deuxième jour de l'Aïd. Les moins discrets n'hésitant pas à affirmer «'d'ici-là bien des choses auront changé et il n'est pas exclu que nous restions sur place si nous arrivons à nous organiser, à faire preuve de respect des lieux, de l'environnement et du cadre de vie des riverains».
Il s'agirait effectivement du même discours qui aurait été tenu dans cinq communes vers lesquelles nous nous sommes déplacés en soirée pour constater que l'installation des stands, aussi sommaire est-elle, ne présage pas une présence provisoire même si effectivement dans la journée la place occupée la veille est nette. Les commerçants en question sont au moins partis pour activer durant toute la saison estivale compte tenu des équipements dont ils se sont dotés : générateurs de courant, armatures télescopiques de stands, étals rétractables et réductibles à souhait. Ce qui justifierait donc les conditions «propres» d'installation et de désinstallation une fois les clients rentrés définitivement chez eux. Tout se vend et tout s'achète, du gadget hyper-coloré et hyper-lumineux pour enfant aux sous-vêtements, notamment féminins, en passant par d'autres effets vestimentaires qui ne durent que le temps d'une saison.
Ce qui explique sans nul doute leur cession à des sommes abordables.
Il est clair que, dans les intentions, cette situation est loin d'être clean. Aussi bien du côté des commerçants épisodiques qui nourrissent très certainement l'idée profonde que les pouvoirs publics seront conciliants une fois le mois de Ramadhan passé et pourquoi pas prétendre à bénéficier des mesures que ces mêmes pouvoirs publics se précipitent à prendre et qui consistent à régulariser la situation des jeunes par une affectation vers des espaces commerciaux réglementés consolidés, selon l'un des commerçants du moment, par une «paperasse» qui mettra fin à leur dilemme.
Conclusion : au moment même où il relève de la gageure de vérifier les informations officielles, surtout précises et convaincantes sur l'éradication progressive du commerce informel à travers le territoire national, naissent à chaque fois que la conjoncture y est favorable de nouveaux étals et surtout un énorme casse-tête pour les pouvoirs publics dont les responsables sont nettement convaincus de l'impossibilité de le résoudre. Du moins tant que les solutions préconisées jusque-là consisteraient à contenir le mécontentement des jeunes et non pas à en leur proposer certaines plus cosmétiques que viables et pérennes.
A. L.
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