
L'été 2017 a été très riche en événements multiples venus aggraver une ambiance caniculaire des plus moroses. Coup sur coup, les citoyens ont été choqués par la série de faits ou de mesures prises au plan politique. De feutrées habituellement, les attaques au plus haut niveau de l'Etat se sont faites publiques. Les citoyens s'interrogent et abordent la rentrée avec la plus grande des appréhensions et incertitudes. A quelle sauce allons-nous être mangés lors de cette rentrée ' C'est la question que se pose l'Algérien moyen et ce n'est pas la seule question comme ce n'est pas la seule catégorie de citoyens qui expriment leur inquiétude. Celle-ci est d'autant plus grande qu'au plan économique, la situation du pays est des plus problématiques et ce n'est pas une parole de journaliste puisque c'est le nouveau Premier ministre lui-même qui en aurait fait part au patronat.Khedidja Baba-Ahmed - Alger (Le Soir) - «On se serait attendu à tout, sauf à remercier un Premier ministre après moins de trois mois d'exercice dans la fonction.» Ces propos sont dans beaucoup de bouches de personnes dans ou hors des cercles du gouvernement. L'incompréhension a été totale même si elle a été précédée par le président de la République lui-même comme un avertissement et un rappel à l'ordre à l'endroit d'un Premier ministre qu'il venait de nommer depuis peu. S'il fallait une preuve de l'incohérence et du tâtonnement à l'œuvre par le pouvoir en place, cette séquence en est l'illustration. Le nouveau gouvernement, dont le changement n'a concerné que trois départements (industrie et mines ; habitat et urbanisme et commerce) semble pourtant vouloir persuader les citoyens qu'un nouveau cap doit être pris sans que le volet social soit abandonné, a tenu à marteler le nouveau Premier ministre. Il a dû, dans la même déclaration, conforter les hommes d'affaires en leur disant que la situation économique du pays avait grand besoin d'eux.Si les chefs d'entreprises se sont déclarés confiants dans ce changement, le citoyen moyen, quant à lui, s'est trouvé et se trouve encore confronté, en cette veille de rentrée, à la flambée des prix des produits de première nécessité qui a renforcé l'érosion de son pouvoir d'achat. De plus, comment, s'offusquent certains, nous fait-on miroiter le non-abandon des acquis sociaux alors que d'une part, des villes entières s'élèvent contre des services qui ne sont plus assurés, tout au moins, d'une façon régulière en eau et électricité par exemple et peut-on y croire, abondent d'autres, quand le syndicat UGTA, le seul interlocuteur du pouvoir, a quitté son rôle de défense des travailleurs pour celui d'allié du patronat ' Comment, poursuivent encore certains, peut-on continuer à dire que le gouvernement n'abandonnera pas le volet social dans sa nouvelle vision économique et ne fera pas d'annonces impopulaires, alors que dans le même temps, l'on affirme que l'économie est au plus mal ' Et à l'examen de certains chiffres officiels, l'on ne peut que s'inquiéter du futur.Un taux de chômage de 12,3% en 2017 et celui des jeunes qui atteint 29,7%, selon l'Office national des statistiques. Des réserves de change qui sont passées de 180 milliards de dollars en 2014 à 100 milliards de dollars en juillet 2017.Quant à la balance des paiements, il faudrait que le baril du pétrole atteigne 87,6% en 2017, selon le FMI, pour atteindre l'équilibre budgétaire. Et là , on en est très loin. Etat peu reluisant qui laisse sceptique quant aux capacités de sortir, tout au moins dans l'immédiat, de cette situation. Le Premier ministre ne cache pas la gravité du moment, mais comment parviendra-t-il à la dépasser et avec qui 'Si les citoyens algériens sont sortis groggy des péripéties de cet été, à quelques jours de la rentrée, ils y ont replongé. A l'heure où nos dirigeants vendent à tout-va notre expérience dans la gestion sécuritaire et au moment où l'on ne s'y attendait pas du tout, un attentat terroriste contre le siège de la Sûreté de Tiaret a été perpétré, faisant deux policiers tués.C'est le deuxième après celui tenté, sans succès heureusement, à Constantine en février dernier. Et là , c'est toute la population algérienne qui s'interroge et craint de sombrer dans la hantise du retour des années de feu et de sang.Et ce ne sont pas les partis politiques — du pouvoir comme ceux de l'opposition — pour certains minés de l'intérieur, qui vont pouvoir mobiliser les citoyens et assurer leur adhésion à participer à la relance économique du pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K B A
Source : www.lesoirdalgerie.com