Effroi, panique, hésitation, voire un peu de soulagement, c'est par cette fusion de sentiments contradictoires que s'est caractérisée la rentrée scolaire cette année dans la wilaya de Constantine.Une rentrée exceptionnelle, faut-il reconnaître, vu la conjoncture sanitaire. Plusieurs questions concernant le respect des normes d'hygiène taraudaient les esprits des parents, qui attendaient devant les portails des écoles depuis 7h30. Certains pères de famille interrogés au centre-ville de Constantine affirmaient qu'ils étaient pour la reprise des cours, en dépit des risques existants. Vers 8h un soulagement a été observé chez quelques parents devant les écoles Mouloud Belabed, Ibn Toumart et Haddad Akila.
Cela est dû au programme établi et affiché par les directions, afin d'assurer les normes de distanciation. Par exemple, dans une seule classe d'une capacité de 40 élèves, le nombre ne dépasse pas 12 enfants. À l'école Mouloud Belabed, les élèves de la première année sont à 5 par classe. Ce satisfecit n'était pas constaté partout. Une grande peur s'est emparée de la majorité des parents rencontrés, particulièrement les habitants d'Ali Mendjeli et de Massinissa.
Ils se demandent, si les enseignants réussiront à imposer les protocoles sanitaires face à la surcharge. Il faut souligner que le nombre d'élèves cette année est très important par rapport aux nombres des établissements ouverts. Selon les chiffres de la direction de l'éducation, l'on a enregistré 123 991 élèves, dont 23 541 nouveaux inscrits pour le premier palier.
Ils sont répartis sur 412 écoles. Les années précédentes on avait enregistré 40 élèves par classe dans les nouveaux pôles urbains concernés par les opérations de relogement. De surcroît, la surcharge, le manque de détergents, la dégradation des écoles, le déficit en agents de nettoiement et de sécurité ont également suscité la panique chez les parents. «Nous avons signalé auparavant ce déficit aux autorités locales, en particulier les communes responsables de la gestion de ces infrastructures.
Elles n'avaient jamais pris en considération nos doléances», a déclaré un habitant d'Ali Mendjeli. De nombreux citoyens nous ont affirmé que certaines communes ont procédé à de véritables opérations de camouflage. «Les écoles ont été nettoyées juste pour assurer le premier jour lors de la visite du wali. Et après '», a avoué un employé dans une école à Salah Bey.
Un autre parent d'élève à Constantine souligne que plusieurs directeurs et enseignants ont nettoyé eux-mêmes les établissements. Ces enseignants de bonne volonté vont-ils assurer le protocole sanitaire régulièrement, en nettoyant les classes chaque jour après le départ des enfants ' Pour sa part, le directeur de l'éducation Mohamed Bouhali n'a pas manqué d'exprimer son inquiétude. «Nous avons équipé tous les établissements en appareils de désinfection, mais la disponibilité des produits de nettoiement diffère d'une commune à une autre. Nous avons veillé au respect du protocole tracé par la tutelle. Mais la commune demeure le premier responsable de la continuité des opérations de désinfection», a-t-il révélé. Et d'assurer que le problème de surcharge ne se posera pas dans les écoles.
Selon le programme, il n'y aura pas plus de 15 élèves par classe. Les cours, selon ses dires, seront assurés par rotation des classes à raison d'un jour sur deux. Le directeur de l'éducation a confirmé le déficit en agents de nettoiement et de sécurité, incombant la responsabilité aux services des communes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yousra Salem
Source : www.elwatan.com