Constantine

Réhabilitation en art majeur ! 11e Rencontre des écoles méditerranéennes des beaux-arts



Réhabilitation en art majeur !                                    11e Rencontre des écoles méditerranéennes des beaux-arts
La 11e Rencontre des Ecoles méditerranéennes des beaux-arts, abritée par Batna, a pris fin vendredi après une semaine d'activités.
Durant ces journées, les étudiants venus de 10 wilayas différentes ont eu l'opportunité de se frotter aux expériences d'écoles situées sur le pourtour méditerranéen. L'événement a été organisé par l'association ECUME (Echanges culturels méditerranéens). Des écoles, représentant des villes allant de Lisbonne à Ramallah en passant par Marseille, Palerme, Athènes, Split, Ankara, Damas et Beyrouth sans oublier Tétouan sur la partie sud, étaient présentes à cette manifestation où toutes les écoles régionales du pays avaient été conviées. Etudiants, enseignants et directeurs étaient tous de la partie. Une semaine durant laquelle les étudiants et les enseignants se sont attelé à réaliser qui des fresques, qui des mosaïques et autres compositions calligraphiques ou de graphismes à l'aide de l'outil informatique, tandis que les directeurs débattaient les méthodes pédagogiques et autres aspects administratifs.
Une exposition des travaux réalisés a couronné, vendredi, la clôture de cette semaine d'activités. Les étudiants rencontrés sur place étaient tous contents de vivre ce type d'expérience, tant ils ont admiré le savoir-faire et la bonne maîtrise de la discipline dont jouissaient les invités. Pourtant, un malaise apparent se lisait sur tous les visages. «Nous avons l'habitude de travailler avec des universités», nous déclare Omar Daniel Belli, secrétaire général de l'association ECUME et de préciser : «La situation en Algérie est atypique ! Et c'est la première fois que notre association travaille avec une école régionale».
En effet, ces écoles recrutent des élèves dont le niveau se situe entre la quatrième année moyenne et la classe terminale. Sadek Amine Khodja, directeur de l'école des beaux-arts de Constantine, docteur en histoire de l'art et artiste peintre, n'arrivait pas à cacher sa déception : «Nos élèves ne savent pas parler, ils ne communiquent pas !». Ce mutisme s'explique par l'absence d'une discipline capitale dans le domaine, à savoir l'histoire de l'art.
Cette matière sans laquelle le résultat des efforts fournis par nos artistes en herbe est apparu sec et plat, puisque dépourvu de sa sève. Au bout de leur formation, les élèves diplômés sont généralement de bons techniciens ; ce qui ferait dire à certains qu'il serait plus judicieux d'appeler nos écoles «écoles d'applications», au lieu de l'appellation lyrique actuelle. Un autre aspect qui a attiré l'attention à l'occasion de cette rencontre est celui du nombre d'étudiants : quelque 600 élèves sur tout le territoire, alors que l'école de Damas compte pas moins de 1000 élèves, et celle d'Aix-en-Provence est fréquentée par quelque 1500 étudiants.
«A 50 ans d'indépendance, il n'y a pas une seule revue d'art !», s'étonne Omar Daniel Belli, qui ne manquera pas au passage de remarquer l'absence d'esthétique dans les sièges d'APC. Voilà une occasion qui interpelle l'institution universitaire pour la création d'un département d'histoire de l'art dont nos architectes, nos historiens et nos artistes ont tant besoin.
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