
Si vous tapez sur un illustre moteur de recherche la requête «Livres guerre d'Algérie», vous obtiendrez 933 000 résultats. Si vous tapez ensuite «Livres guerre de libération nationale Algérie», vous obtiendrez 505 000 résultats. Cette différence illustre bien la guerre des mots qui se poursuit longtemps après la guerre réelle et ses combats de propagande.La première expression réduit cet épisode de l'histoire à un conflit armé défini géographiquement. La deuxième spécifie en revanche sa nature en le situant dans un cadre anticolonialiste. Elle a, il est vrai, l'inconvénient de la longueur qui ne pardonne pas à la rédaction, et notamment dans l'univers rapide d'Internet. En revanche, «guerre d'indépendance» dit bien de quoi il s'agit et de manière concise et moderne.La différence de résultats révèle combien l'édition dans le monde, essentiellement française, demeure dominante dans le traitement de cette guerre et en impose ainsi l'appellation. Mais c'est une différence pas si grande que cela si l'on considère, entre autres, que l'édition algérienne n'a vraiment commencé à produire qu'à partir des années 2000 avec la multiplication des maisons privées.Dans cet effort, des livres admirables ont vu le jour, bien que l'on compte également de nombreux ratés et que les rééditions de livres sortis ailleurs sont nombreuses, indiquant une pauvreté de la recherche historique ou alors sa coupure avec le monde éditorial. Toujours est-il que, dans son ensemble, cette production a mis au jour l'immense soif des Algériens et Algériennes à l'égard de leur histoire. Les essais, mémoires et récits sur le passé figurent parmi les meilleures ventes.La coïncidence de la 19e édition du Salon international du livre d'Alger (SILA) avec le 60e anniversaire du 1er Novembre 1954 prend un sens éditorial aux multiples aspects. On n'a jamais, à notre connaissance, catalogué l'ensemble des ouvrages publiés dans le monde à propos de cet événement et de ses suites.Combien d'essais, romans et autres publications ont paru sur le sujet ' Le chiffre devrait être énorme. A la mesure de cette guerre aux prolongements et aux aspects parfois étonnants. On peut découvrir ainsi dans L'arme secrète du FLN (réédition Media Plus, Constantine, 2012) de l'Américain Matthew Connely, professeur à la Colombia University, que la première vidéoconférence au monde aurait eu lieu lors des Accords d'Evian pour assurer à distance, sécurité oblige, la conférence de presse de la délégation algérienne.Cette guerre continue à représenter un gisement éditorial formidable pour peu que l'on y injecte, loin du discours et de l'idéologie, de la rigueur, de la qualité et de l'innovation avec le souci de toucher les nouvelles générations pour lesquelles l'histoire correspond souvent au souvenir de rabâchages scolaires sans méthode ni âme, un terrible «parc?urisme» aux traumatismes infinis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Ferhani
Source : www.elwatan.com