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Ravalement des façades d'immeubles, une opération esthétique



Ravalement des façades d'immeubles, une opération esthétique
Sans conteste, «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» va contribuer à changer quelque peu l'architecture urbaine de la ville ou du moins de son centre. Il y a lieu de rappeler que dans le rayon de la réhabilitation des immeubles, de leurs façades et ascenseurs, les pouvoirs publics locaux ont, à chaque fois, rivalisé en ingéniosité dans le sens où l'hypermédiatisation des enveloppes financières accordées à cet effet ont régulièrement fait illusion pour un travail de...façade et surtout de bricolage très professionnel. Des opérations successives de réhabilitation, il y en a eu depuis une vingtaine d'années. Le tout nouveau wali fraichement installé, rejoint en cela les doigts sur la couture du pantalon par les élus des deux collèges, entreprend de redonner «son lustre d'antan» à la ville. Les brassages d'air qui s'en suivent, la litanie des chiffres ressassée à chaque fois par les directeurs de l'exécutif concernés, les allées et venues des responsables de services dureront le temps qu'il faudra pour qu'ensuite les opérations elles-mêmes s'avèrent très sommaires. La preuve, les réhabilitations de vieux immeubles c'est devenu un peu comme le dénudement des trottoirs et le remplacement du revêtement primaire par un autre à la fin de chaque année jusqu'à la prochaine. Bien entendu, tout ce montage administratif grotesque permet au moins à la population de se gausser au moins une fois l'an. Ceci étant, l'état de 80% au moins du reste du patrimoine immobilier du centre-ville est frappé de vétusté et menace ruine. Le tort de ses occupants ' Ne pas résider sur le parcours prévu des délégations étrangères en visite dans le cadre de la manifestation de 2015. La preuve ' Le groupe de majestueux immeubles du Ciloc, qui n'ont jamais connu une quelconque mesure derestauration le sont depuis quelques mois avec une ardeur confondante. Ce qui ne serait sans doute qu'avantage pour ces immenses bâtiments qui peuvent effectivement constituer l'orgueil des hauteurs de la ville, compte tenu de leur emplacement et surtout des espaces aérés sur lesquels ils trônent, lesquels espaces demeurent sans nul doute les seuls encore viable à l'échelle de la wilaya. Toutefois, ils (les immeubles) sont frappés d'une forme de léprologie par les assiettes paraboliques qui ornent leurs façades en même temps que les balcons sont à leur tour enlaidis par des séries de cordage qui aident à étendre le linge, alors même que les grandes terrasses destinées à cette activité ménagère sont... habitées par des familles issues de l'immeuble concerné, voire de parents par alliance à celles qui y habitent. Si le problème cornélien de l'évacuation des espaces évoqués n'a jamais trouvé de solution et a, d'ailleurs, très peu de chances d'en connaitre à moins de reloger les dizaines de squatteurs, ce qui au demeurant est peu probable, il reste celui des paraboles dont les pouvoirs publics ont, en 2009 à travers fanfares, annoncé leur éradication dans les mois qui suivaient la déclaration faite par un wali promu depuis lors ministre.Celui-ci s'était engagé à l'époque à faire procéder au démantèlement de toutes les assiettes paraboliques qui ornaient les murs et balcons des immeubles, affirmant dans la foulée que pour faire face au mécontentement prévisible de lapopulation, l'administration se chargerait de substituer, et à ses frais, un produit de remplacement lequel consisterait en une antenne collective nettement moins volumineuse, encombrante, déformante et donc plus esthétique placée sur chaque immeuble. Pour qu'elle soit bien menée et selon le wali, l'opération nécessitait la désignation et l'installation d'une commission constituée des représentants des directions concernées de l'exécutif en plus des éléments des services de police. Elle n'a bien entendu jamais vu le jour, la déclaration du wali étant comme bien d'autres qui l'avaient précédée faite sur le vif pour épater l'auditoire. Pour l'anecdote, il y a lieu de rappeler qu'un immense pan de la ville, en l'occurrence la longue rue Bienfait, n'arrête pas de disparaitre depuis une vingtaine d'années. Les superbes habitations et même les bureaux administratifs, hangars, dépôts qui longeaient la dite rue tombent comme des châteaux de cartes les uns après les autres faisant d'un boulevard qui lui est parallèle un parcours classé à risques et partiellement en zone rouge du fait de glissement induit. Nombreuses sont les lézardes qui singularisent désormais les habitations qui y sont situées. Pis, pour des raisons de sécurité un immeuble de10 étages a été graduellement démoli et ses habitants relogés à hauteur de lanouvelle ville Ali-Mendjeli. Tous ces avatars expliquent grandement le grand exode vécu par les habitants de la ville de Constantine et la multiplication de ce que les pouvoirs publics qualifient avec force superbe de nouvelles villes et qui champignonnent hideusement à la périphérie du chef-lieu de wilaya.A. L.


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