De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
Le centre culturel M'hamed- yazid, du Khroub, a accueilli, dans la matinée d'hier, un rendez-vous politique, fait du Front des forces socialistes et forcément du Pr. A. Aberkane, lequel, est-il besoin de le rappeler, en qualité de maire porte les couleurs dudit parti depuis les élections de novembre dernier.
Au-delà d'une rencontre politique, sans doute organisée dans le but de maintenir en état de veille permanent la vigueur exponentielle du parti dans une ville qui va très certainement lui servir de rampe de lancement pour la suite des évènements dès lors qu'il existe d'une manière effective maintenant, il y a également cet aspect particulier d'acter cette opportunité en brassant encore plus large au sein de la population, notamment par le choix des thèmes des différentes rencontres organisées en ce sens, des thèmes sortant inconditionnellement du conformisme ambiant et plus particulièrement des discours officiels ronronnant.
Lakhdar Bouregaa, guest star de la rencontre d'hier, n'a pas démenti ce cap, dans la mesure où tout au long de son exposé sur la guerre de libération c'est à un silence de cathédrale qu'il a eu droit. L'assistance a littéralement bu ses propos en ce sens que son adresse, toutes proportions gardées, démythifiait tout ce qui a été assené jusque- là sur cette période historique de l'Algérie sur laquelle «les historiens ne se sont pas attardés notamment sur ce qui fait le charme de l'Histoire en l'occurrence'ses détails», dira-t-il, pour suggérer et le confirmer par ailleurs qu'il existe des évènements dont celle-ci (l'Histoire) se serait bien passée. Restant toujours sur cette question de'détails, il reprochera aux historiens de s'être trop appesantis sur des repères qui n'échappent à personne, citant ainsi novembre 54, le congrès de la Soummam, les accords d'Evian'.alors que des turbulences et des dysfonctionnements internes aux structures militaires et politiques nationales minaient de l'intérieur la révolution, à un moment où l'ennemi ne se résolvant pas à enregistrer un autre échec après l'Indochine renouvelait ses stratégies et faisait appel au général de Gaule pour se trouver un second souffle. Il soulignera d'ailleurs dans cet ordre d'idées que «'c'est le 13 mai 1958 que la vraie guerre d'Algérie a commencé». Lakhdar Bouregaa donnera dans le détail et dans la plus stricte linéarité la stratégie du général de Gaulle visant à mettre un terme définitif à une sorte de bourbier qui empoisonnait l'establishment d'abord et qui commençait à interpeller très sérieusement l'opinion internationale. «S'il y a eu 1,5 million de martyrs, au moins 80% l'ont été au cours de cette étape de la guerre et plus précisément en 1959/1962.
«Rares étaient ceux qui avaient rejoint les maquis au départ de la révolution», disait-il au début de sa conférence, comme pour démythifier les versions de l'Histoire officielle. L'ancien commandant de la wilaya IV donnait d'une manière subliminale, aussi bien aux personnes présentes qu'à ceux auxquels le message parviendra via les médias, confirmation de leur doute sur la révolution armée et les impostures des uns et des autres, notamment dans sa récupération. Il insistera d'ailleurs sur le fait «' qu'il n'appartient pas aux moudjahidine d'écrire l'Histoire mais aux seuls historiens». Une mise en garde comme une autre pour souligner les non-dits et autres contrevérités, voire dénis. Reprenant les propos tenus par l'une des personnes présentes à la tribune sur le rôle de l'armée des frontières, et les considérant sans doute inappropriés pour ce qu'ils suggéraient de tendancieux, Lakhdar Bouregaa a tenu plus à cibler la hiérarchie militaire que «'les hommes de troupes qui n'étaient que des enfants du peuple», soulevant un tonnerre d'applaudissements. Sur un tout autre plan, l'ancien colonel n'épargnera pas les pays arabes et leurs responsables au même titre que les monarques du Golfe à la tête de «'de véritables nids de traîtres», mettant en garde le reste des pays arabes encore épargnés par le printemps du même nom contre une véritable théorie des dominos ourdie par l'oncle Sam pour la protection d'Israël.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com