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Rarement au service du citoyen,les maires se suivent et se ressemblent



Rarement au service du citoyen,les maires se suivent et se ressemblent
Abdelhamid LemiliÀ Constantine et qu'ils relèvent de l'Assemblée communale ou wilayale, les élus se suivent et se ressemblent sur le plan de l'allégeance à un ou plusieurs acteurs extérieurs. Ce n'est d'ailleurs pas l'apanage du seul chef-lieu de commune de la wilaya, car en matière de suivisme le reste des APC est sur la même longueur d'onde. Excepté celle du Khroub, pour deux raisons. Primo, elle est à majorité relative FFS, deuxio, son président, en l'occurrence le Pr Aberkane, a une très forte personnalité et ne peut souffrir l'interventionnisme extérieur et encore moins d'une autre tutelle que de celle de la population. Ce qui n'est pas le cas de son prédécesseur réputé pour une gestion à géométrie variable de la mairie et lui-même corvéable à merci selon le rapport de forces ponctuel. Il faudrait remonter quelque peu à la fin des années 1990, avec la prise de la quasi-majorité des APC par un RND naissant et paradoxalement surpuissant. Il est vrai qu'à cette époque l'institutionnalisation de la fraude relevait littéralement de l'acte républicain, à telle enseigne que dans la foulée prédatrice qui caractérisait le Rassemblement, ses «penseurs» n'ont pas eu d'états d'âme à «récupérer»l'ensemble des APC de la wilaya alors qu'il était clairement établi que jamais la ville du Khroub ne quitterait le giron du FLN pour les causes précitées. Laprophétie de foi d'un Benhamouda, à l'époque SG d'un FLN qui n'était plus dans les bonnes grâces du pouvoir, déclarait publiquement que «...si une commune ne risquait pas d'échapper au Front, ce serait celle du Khroub». Pourtant quoi que porté par un raz-de-marée d'électeurs, le Pr Aberkane plus que plébiscité à l'ouverture des urnes et au décompte des voix favorables allait être déclaré battu au profit du candidat du RND, en l'occurrence K. Gasmi. Avec cette forfaiture, le pays allait connaître certainement la première insurrection d'une ville criant à la provocation et ce ne sera justement que sur l'insistance du Pr Aberkane que la foule, après avoir décidé d'occuper la rue de jour comme de nuit, allait revenir au calme durant les jours qui ont suivi. Le temps que le Conseil constitutionnel valide l'élection de l'enfant de la ville. Le maire du Khroub deviendra ensuite sénateur désigné au tiers présidentiel et ensuite ministre pour se retirer finalement de la vie politique après l'échec de la candidature d'Ali Benflis. Le charisme du Pr Aberkane est tel qu'il confirme le fait que les citoyens algériens sont des électeurs avisés et savent faire le bon choix quand il s'agit d'élire une personnalité censée les représenter, les défendre et prendre en charge leurs préoccupations. Preuve en est qu'en se portant candidat au cours de la dernière élection locale, la liste FFS qu'il conduit est élue haut la main. Ce cas d'osmose quasi parfaite citoyens/élus n'est possible qu'au Khroub. Et là s'arrête toutefois cette homogénéité sachant que le reste des élus et plus particulièrement despremiers édiles fonctionnent sur injonction de l'administration. Durant les mandatures qui ont précédé la promulgation de la loi 11-10, il ne s'agissait pas en fait d'injonction, mais littéralement de gestion directe dans la mesure où les élus ne possédaient aucune expérience, ne savaient rien du fonctionnement d'un exécutif, ignoraient les lois, n'étaient pas portés sur les relations humaines, considéraient les réserves légitimes formulées par l'administration des PV de délibération comme des contre-instructions jusqu'à tomber dans une forme d'assistanat qui allait s'avérer pain béni pour une administration qui se substituait graduellement à une assemblée élue par le peuple devant lequel les élus restaient pourtant comptables. C'est vraisemblablement devant cette incapacité de gérer dans les normes une situation, bien entendue voulue par le système, que de nombreuses attributions relevant des élus locaux ont été «réaffectées» à l'administration locale dans le cadre de la loi précédemment évoquée et que des partis politiques n'ont eu cesse de dénoncer lors de son élaboration, discussion et présentation au Parlement. Sauf que la réalité de tous les jours oblige chacun à concéder que s'il ne tenait qu'aux élus locaux rien ne se ferait à hauteur des communes, compte tenu de l'inertie de ces derniers de leur incompétence sinon du seul intérêt qu'ils ont pour faire des affaires. Pour le dernier mandat quicourt jusqu'en 2017, l'actuelle équipe communale de l'APC de Constantine a très vite été ébranlée par des affaires, dont plus particulièrement celleimpliquant un vice-président dans une affaire de corruption et enfin le maire dans ce qui est considéré par ses adversaires comme une forfaiture et qui a consisté en l'attribution d'une autorisation de construire une trentaine de villas sur un terrain réputé à réelle dangerosité et surtout contre l'avisdes premiers concernés, à savoir les responsables du service communal de l'urbanisme, mais également de la direction de wilaya, de l'urbanisme toujours. C'est dire donc qu'exception faite de la gestion de l'état civil et à un degré moindre des affaires sociales, la gestion des établissements scolaires du premier palier, l'hygiène générale avec notamment l'enlèvement des ordures, les APC sont incapables de répondre à un faisceau important de préoccupation des administrés, lesquels, en réalité, n'ont jamais eu voix au chapitre partant du principe qu'avec le type de scrutin imposé depuis l'indépendance leurs représentants sont à vie, sinon jusqu'à disposition contraire radicale, assurés d'être désignés selon l'humeur du pouvoir. Conclusion : les assemblées locales élues ne sont que des caisses de résonance de réseaux ailleurs situés, le bien être des citoyens demeure attaché à la capacité de ces réseaux de prendre en charge les préoccupations évoquées.Non seulement parce qu'il s'agit d'une tutelle quasi naturelle, mais aussi - vu l'incapacité de celles-ci (assemblées) de se mettre au diapason de la demande publique, de répondre dans les temps et dans la forme aux besoins pressantsde la population - de la capacité de l'administration centrale de régler de façon incontestable tous types de contraintes administratives comme cela a été le cas avec la simplification des démarches inhérentes à l'obtention d'un nombre important de documents administratifs essentiels, tels la carte d'identité nationale, le passeport, ceux de l'état civil...A. L.


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