Constantine - A la une

Quant on tue l'ennui dans d'homériques parties de domino



Quant on tue l'ennui dans d'homériques parties de domino
A. LemiliQuel que soit le programme qui ait pu être concocté par les pouvoirs publics locaux, il n'y avait que trop de chances qu'à Constantine les salles, le terme est par trop prétentieux compte tenu de leur absence pour les causes tellement ressassées dans les colonnes des journaux, n'aient à connaître aucun engouement et donc encore moins de bousculade, si tant est que les Constantinois soient assez déjantés pour hésiter entre une alternative qui consiste à aller «griller» dans une salle ou profiter de la fraîcheur d'une soirée de Ramadhan passée à la terrasse d'un café, un espace à ciel ouvert ou, encore plus attrayant, à suivre une rencontre de football entrant dans le cadre de la Coupe du Monde 2014.Encore heureux d'ailleurs que ce formidable évènement apporte une touche très particulière à des nuits très chaudes d'autant plus que le mois de Ramadhan ne prête pas au séjour en bord de mer. Du coup, les soirées sont vécues dans la plus grande convivialité, par les jeunes notamment que l'ont voit très souvent sortir de chez eux qui portant un tabouret et qui une chaise pliante, des bidules assez inhabituels dans leurs mains. En fait, l'idée est de s'installer sur une terrasse de café pour vivre les péripéties des «live» à partir du Brésil et dans la foulée terminer la soirée parfois jusqu'aux aurores à commenter la rencontre jusqu'à épuiser le sujet, quitte parfois à revenir à d'autres rencontres si ce n'est à l'épopée de la sélection nationale.Les moins jeunes, pour ne pas dire les vieux et quelques autres moins jeunes, préfèrent, en ce qui les concerne, une partie de domino jouée certes à deux, mais à laquelle contribuent une dizaine, voire une douzaine de spectateurs partagés évidemment en deux camps pour soutenir un improvisé champion. Toute cette organisation qui changera en grande partie une fois le mois de jeûne terminé, profite dans l'immédiat aux femmes qui disposent alors de tout leur temps pour tailler une bavette entre voisines et pour les plus jeunes retenir leurs larmes devantles difficultés rencontrées par l'héroïne d'une histoire sans cesse renouveléed'un amour impossible. Les Turcs qui ont compris le filon ont l'art de noyer les postes téléviseurs d'une extraordinaire production de la plus grande indigence, ces derniers ayant compris depuis quelque temps l'utilité et surtout l'opportunité sonnante et trébuchante d'occuper le temps de cerveau libre des Algériens. Et à ce stade là, ce n'est certainement pas les espaces qui manquent. En somme, les étés se suivent et se ressemblent dans les villes du pays profond, alors aussi bien le ministère de la Culture que les pouvoirs publics locaux ont beau étaler leur investissement sur le terrain durant la saison estivale, il n'y a qu'eux en réalité qui en parlent et qui croient surtout avoir réellement ciblé et touché un public.A. L.


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