Constantine - Revue de Presse

Quand l'emploi devient problématique



Même si elle n'a réuni que très peu de monde, la conférence de wilaya organisée jeudi passé au complexe culturel Al-Khalifa de Constantine par le mouvement El-Islah avec la participation de représentants de la direction des Affaires sociales, d'une association nationale pour la promotion du droit à l'emploi et de nombreux jeunes concernés, a été jugée intéressante à plus d'un titre, ne serait-ce que par la manière dont à été abordé ce sujet d'une brûlante actualité.

«La problématique de l'emploi des jeunes, causes, répercussions et solutions», tel a été le thème générique autour duquel s'est déroulée une discussion menée de front par des conférenciers bien au fait des problèmes soulevés par le nouveau dispositif de l'emploi dont la gestion a été confiée aux directions des Affaires sociales. De même que le débat a été enrichi par les témoignages qu'ont apportés d'autres jeunes qui ont émigré à la recherche effrénée de l'emploi, qui ont tenté l'aventure en France et en Angleterre et ont fini par revenir poursuivre cette «aventure» dans leur propre pays.

M. Yaici, élu du mouvement El-Islah à l'Assemblée populaire nationale, animateur de la conférence, dira que «l'objectif visé par cette initiative est de sensibiliser notre jeunesse sur les potentialités existantes dans son pays et dont l'accès lui est réservé à travers les dispositifs et les mécanismes de l'emploi mis en place par les pouvoirs publics. Après les derniers événements dont certaines régions du pays ont été le théâtre, où le football à été pris comme prétexte pour exprimer un certain désarroi face au chômage, à la dégradation du pouvoir d'achat et autres maux sociaux, ce genre d'initiative prend le sceau de l'urgence», indique l'intervenant. Et d'ajouter: «C'est un phénomène grave qu'il faut prendre en charge, et notre responsabilité à nous, partis politiques et parlementaires, se trouve pleinement engagée. L'Etat injecte annuellement environ 3,5 milliards de dinars à travers ces mécanismes de lutte contre le chômage des jeunes et cet effort considérable doit trouver sa traduction sur le terrain. Aussi, les jeunes doivent se prendre en charge et s'organiser pour unir leurs efforts dans des entreprises productives. Et il nous appartient à nous, les partis et la société civile, de tout faire pour les aider à lever toutes les contraintes, bureaucratiques ou autres, qui se dresseront sur leur chemin». Quant au nouveau dispositif lui-même, Yaici, exprimant le point de vue de son parti, n'a pas manqué d'émettre des «réserves» sur son efficacité «compte tenu du désenchantement provoqué dans le milieu des jeunes chômeurs». En effet, a-t-il estimé, le point noir du dispositif est constitué, selon lui, par le contrat à durée déterminée qui limite les perspectives d'emploi chez le jeune et lui enlève toute motivation, sachant pertinemment qu'au bout d'une certaine période, il sera revenu à la case départ. Pourquoi n'a-t-on pas institué des contrats permanents du moment que le pays se trouve dans l'aisance financière ?», s'est-il demandé.

Lui faisant écho, Mme Benmerabet Gamra, secrétaire nationale de l'Association nationale de la défense du droit et de la promotion du travail, parle du nouveau contrat d'insertion professionnelle «qui est le frère jumeau du contrat de pré-emploi existant avant lui. On constate que seul le nom a changé, remarqua-t-elle, puisqu'en fin de compte le jeune restera toujours chômeur. 7O % de la population sont constitués de jeunes, mais seulement 30 % d'entre eux sont sans diplôme ni perspective, 1O % ne pensent qu'à quitter le pays. Nous demandons aux pouvoirs publics, notamment à M. le Président de la République, la désignation d'experts dans ce domaine pour plancher sur une nouvelle stratégie car, à notre sens, conçu comme il est, ce nouveau dispositif ne représente que des dérivatifs contre le chômage des jeunes. Nous pensons sincèrement qu'il n'est pas du tout en mesure de satisfaire les besoins immenses de notre jeunesse et leur éviter à court terme, la fatalité de la ?'Harga' qui guette un quart de million de nos cadres universitaires qui, d'ici la fin de l'année en cours, pourraient bien opter pour cette solution».


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