Défiant toutes les mesures de sécurité et les dispositions du confinement destinées à endiguer la progression de la pandémie de Covid-19 dans la wilaya de Constantine, les marchands ambulants n'ont pas hésité à squatter les abords de la forêt d'El-Baâraouia, transformant le lieu en un immense marché sauvage à ciel ouvert.C'est en fait l'un des grands sites forestiers de la wilaya de Constantine, situé sur l'axe routier reliant la nouvelle ville Ali-Mendjeli à la commune d'El-Khroub, qui est en passe de devenir une véritable décharge devant la passivité des autorités compétentes. Tout se vend dans ce lieudit, plus connu depuis peu pour être un havre de villégiature et d'oxygénation pour les Constantinois, les sportifs en particulier.
Pour autant, l'endroit ne présente aucune installation ou commodité indispensable à l'exercice d'activités commerciales. Bondé de monde à longueur de journée depuis quelque temps, on y trouve pêle-mêle à la lisière de l'asphalte, de la vaisselle, des vêtements, des outils de bricolage, des fruits et légumes, des détergents et une infinité de produits à l'origine douteuse.
Même les poulets vivants y sont proposés au kilogramme, à charge pour les revendeurs de les sacrifier et de les déplumer sur place. Comble de l'ironie, aucun d'entre eux ne se soucie de sa propre hygiène, encore moins de porter une bavette ou des gants.
En l'espace de quelques jours, l'endroit s'est transformé en canton insalubre, dégageant des odeurs nauséabondes, où des amas d'ordures et de détritus s'amoncellent à perte de vue. Inciviques, les automobilistes de passage participent au désordre puisqu'ils n'hésitent pas à s'arrêter de manière intempestive, de marchander à partir de leur véhicule ou encore de faire leurs emplettes en stationnant à même la voie carrossable.
Et il va sans dire que la distanciation sociale perd tout son sens dans l'anarchie indescriptible qui y règne. "Je m'arrête quotidiennement à cet endroit pour acheter ce qu'il me faut. Je trouve que les produits exposés, notamment les fruits et légumes, sont bien meilleurs et que les prix sont raisonnables, autant donc en profiter", dira Yacine, un automobiliste rencontré sur place.
Interrogé sur l'installation de ce marché informel en pleine crise sanitaire dans des conditions pareilles, un vendeur nous lance : "Nous ne faisons que faciliter la tâche aux citoyens. À la nouvelle ville Ali-Mendjeli, la plupart des magasins sont fermés, les citoyens viennent ici pour faire leurs courses parce que nos prix sont abordables et nos produits sont de meilleure qualité, les fruits et légumes notamment.
La plupart des revendeurs qui sont ici sont chefs de famille et n'ont d'autres moyens pour subvenir à leurs besoins que de recourir à ce commerce au lieu de faire la mendicité ou voler. " Le cas de Baâraouia n'est hélas pas isolé ; plusieurs marchés informels ont vu le jour dans différents endroits à Constantine, aux abords des routes, comme c'est le cas dans la daïra d'El-Khroub, à Daksi-Abdeslem ou carrément dans les cités, à l'image de la nouvelle ville Ali-Mendjeli.
Inès BOUKHALFA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ines BOUKHALFA
Source : www.liberte-algerie.com