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Présence relative des pouvoirs publics et indifférence de la société



Présence relative des pouvoirs publics et indifférence de la société
Au regard de la loi 02-09 relative à la protection et promotion des personnes handicapées, il ne saurait nullement être fait reproche de procès d'intention àquiconque soutiendrait l'idée que si en théorie ses dispositions mériteraient d'être gravées dans le marbre, a contrario la réalité est bien loin d'être conforme aux besoins de la population concernée. Depuis de nombreuses années, le handicap n'est plus une fatalité sous d'autres cieux. Mieux encore, àmesure que passent les années, les percées scientifiques et médicales au même titre que les bonds prodigieux des technologies d'accompagnement anticipent, anté- naissance, de formidable manière à tout aléa physique chez un nouveau-né. Le dépistage, voire l'intervention in utero permettant désormais la correction de certains handicaps parfois parmi les plus lourds. L'alinéa 2 de l'article 3, «...dépister précocement le handicap, de le prévenir ainsi que ses complications », de la loi algérienne est bien là mais c'est surtout sa matérialisation de fait qui est plus qu'hypothétique. Le contraire par l'exemple mériterait d'être salué. Dans une partie du texte, il est stipulé l'assurance «...des ppareillages, accessoires et aides techniques nécessaires aux personnes handicapées, ainsi que les appareillages adaptés au handicap et d'en garantir, au besoin, le remplacement», au moment où parvenir à «trouver» un embout en vulgaire caoutchouc d'une béquille auprès des unités de l'Onaaph relève de l'exploit. De là à espérer l'accès facile à un équipement motorisé (handicapés psychomoteurs), même caresser seulement l'idée, relève du rêve le plus fou mais surtout du cauchemar insoutenable pour les personnes concernées tant cette réalité est...réelle. Quant aux informations sur des enfants handicapés martyrisés dans les écoles, les centres de formation, voire dans les centres spécialisés tels ceux concernant les jeunes aveugles, les trisomiques, elles nepeuvent qu'être des plus inquiétantes. Il y a quelques années, nous saurons, auprès d'un éducateur excédé, les abus et parfois les sévices notamment moraux de ses collègues et plus particulièrement le personnel féminin à l'encontre de pensionnaires non autonomes au premier degré. La direction de wilaya de l'action sociale de Constantine a depuis plus d'une décennie répondu par le mépris à toutes les sollicitations des représentants des médias sur des informations avérées qui filtraient difficilement de ses centres et étaient encore plus amplifiées par la rumeur. Pourtant les agressions physiques commises sur les pensionnaires des divers centres jusqu'à les conduire à la fugue sont de notoriété publique, par ailleurs le taux de réussitescolaire, ou plutôt celui de l'échec scolaire, de ces mêmes pensionnaires renseigne, on ne peut mieux, sur l'abandon d'une population dont les services de l'Etat sont responsables, et deux fois plus qu'une. Alors que lesditsservices, mettant à profit le succès scolaire d'un ou de quelques handicapés lourds, ne s'épargnent aucune publicité pour affirmer que leurs personnels accomplissent honorablement et honnêtement leur mission. Ce qui malheureusement est loin d'être le cas.Sur cet aspect de la question autant dire donc que la disposition de la loi 02-09 selon laquelle l'Etat a obligation de l'assurance d'un «enseignement obligatoire et une formation professionnelle aux enfants et adolescents handicapés», n'est qu'une vue de l'esprit, au même titre que leur «insertion et intégration au plan social et professionnel par notamment la création de postes d'emploi», sachant que malgré l'existence de textes réglementaires établissant un quota et faisant obligation à tout employeur d'intégrer une personne handicapée à un poste spécifique, ces postes ne leur sont que rarement, sinon jamais, affectés. Enfin, dans le domaine de l'activité sportive certaines personnes handicapées émergent mais ce n'est que grâce à leur seule volonté, preuve en est que dans le domaine des loisirs, et surtout la possibilité de s'adapter à l'environnement, la réalité est toute autre. S'adapter à l'environnement pour tout non-voyant consiste évidemment à pouvoir accomplir dans des conditions facilitées le(s) même(s) geste(s) qu'une personne disposant d'une vision normale : se déplacer sans risques, traverser la chaussée et, pour le handicapé psychomoteur, accéder à des endroits et lieux auxquels il doit obligatoirement se rendre en ayant le minimum de facilité. Toutefois, malgré les engagements des pouvoirs publics dont c'est pourtant le devoir, jusqu'au jour d'aujourd'hui rares, sinon inexistants, sont les bureaux d'architecture, les urbanistes et bien évidemment les entreprises de réalisation à inclure dans la conception des édifices publics des voies d'accès aux personnes handicapées. Mais suffit-il d'imputer à l'Etat son absence aux côtés de la population évoquée, quand il est également de notoriété publique que les proches des personnes handicapées ne s'embarrassent pas également de leur prise en charge ou encore que le handicap est souvent prévisible notamment dans l'union maritale consanguine ' Une réalité que les parents ignorent superbement et qui, assez souvent, n'est pas tout aussi mise en évidence sur le plan socio-médical et surtout religieux. Le manque de considération des personnes handicapées n'est pas du seul fait de leurs proches, leur différence est mal admise par le reste de la société et il suffit de voir l'absence de réaction citoyenne à leur endroit en certaines circonstances pour souligner l'extrême solitude dans laquelle elles se trouvent pour saisir dans toute son acuité celle-ci. Comme dans le reste des manifestations spécifiques à un évènement précis, le handicap ne revient au bon souvenir de l'ensemble des éléments de la société que lorsqu'il s'agit d'en commémorer la date.A. L.


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