
A. LemiliLes premiers flocons de neige ont commencé à tomber assez sérieusement à partir de 10h30' du matin au cours de la journée d'hier. Pour les enfants il n'en aura pas fallu plus pour qu'ils quittent le domicile parental et tenter de «fabriquer» les premières boules et s'en bombarder mutuellement. De leur côté, les commerçants activant dans les marchés communaux de la ville, les informels des souks improvisés et les étals de fruits et légumes champignonnant tout au long des voies de communication entre une ville et une autre et dans les cités populeuses ont très vite saisi l'opportunité mettant à profit, entre autres des nombreuses situations, un effet d'aubaine. Du coup et déjà que l'affichage des prix étant une vue de l'esprit confirmé par la docilité d'une clientèle dont la performance quotidienne est de rejoindre ses pénates lestée au minimum de deux sachets de lait, d'une cargaison de pain, de la pomme de terre et surtout des oignons compte tenu des circonstances exceptionnelles, lesdits commerçants donnaient alors à la volée n'importe quel coût à leur produit tant que les acheteurs étaient preneurs.«Pour 500 dinars, j'ai acheté un kilogramme et demi de tomates, une gousse d'oignon vert, un chou et quelques piments, je n'ai même pas cherché combien coûtait chacun des produits achetés car de toutes les manières que pouvais-je faire à part récupérer ces provisions ou rentrer bredouille», nous dira, à hauteur d'une place forte du commerce informel dans la ville du Khroub, une vieille femme qui était sortie de chez elle juste pour voir car elle nous précisera que ce qu'elle avait acheté pour la somme indiquée précédemment remontait à la veille. C'est dire que ça remue sérieusement dans les méninges desdits commerçants. Cela ne relève pas du gain ponctuel mais littéralement de l'art, voire de la spéculation boursière. Au niveau du chef-lieu de wilaya, le lait en sachet était introuvable aux premières heures de la matinée et les rares épiceries qui en disposaient le cédaient pratiquement sous le manteau à leurs clients habituels. Il en était de même du pain même si peu regardants certains n'hésitaient pas à en acheter auprès de revendeurs installés à l'entrée des artères transversales de la rue Larbi Ben M'hidi, les corbeilles posées à même le sol et parfois à proximité de bouches d'égout et dans le meilleur des cas protégées d'eaux douteuses des rigoles et autres éclaboussures jaillissant au passage des piétons par un simple carton et/ou un carré de nylon.Le mauvais temps étant prévu jusqu'à vendredi, les gens achètent à tout bout de champ ce qui aiderait à passer le week-end au chaud sans avoir trop d'inquiétude faisant ainsi le jeu d'aigrefins en l'absence de contrôle officiel. Mais est-il pensable que des brigades de la direction du commerce et du contrôle des prix aient à s'aventurer dehors et quitter leurs douillets bureaux par un «temps de chien» alors qu'ils n'avaient déjà pas l'habitude de le faire, outre mesure, en des périodes plus clémentes pour ne pas dire bucoliques.Dans un autre registre, si les chutes de neige persistent comme il est annoncé par les services de la météorologie, il semble évident que, sachant le peu de propension des services concernés à anticiper sur l'obturation des voies de circulation, celles-ci seront naturellement inaccessibles au cours de la journée d'aujourd'hui contraignant ainsi des centaines de travailleurs à s'absenter. Et encore heureux que les enfants soient en vacances... sinon ce serait un blanc... apocalypse.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com