Constantine - A la une

Première moitié du Ramadhan dramatique Constantine



Nasser Hannachi

Le mois sacré de Ramadhan a vu en sa moitié une hausse sensible dans les accidents de la route. Le facteur humain constitue comme à l'accoutumée le véritable générateur de drame. L'état des routes et du véhicule viennent se greffer également à cette cause qui a la peau dure en dépit des appels multiples enclenchés par la Sûreté et la Gendarmerie nationale.
Le triptyque menant au désastre sur les routes a été identifié depuis longtemps par les pouvoirs publics avec le concours des experts en sécurité routière. Il s'agit de l'état des routes, des pièces de rechange contrefaites et l'absence de signalisation aux abords des
localités et itinéraires longs trajets. Le facteur humain n'est pas en reste, expliquent les mêmes sources. Le danger est persistant. Les routes continuent de tuer en Algérie. Malgré les multiples campagnes de sensibilisation menées conjointement par la Sureté et la Gendarmerie nationale, et l'implication de la Société civile sur les dangers du volant, les chiffres refont surface avec de multiples
accidents enregistrés durant le premier semestre 2013. A Constantine le bilan est assez significatif. Ce mois de Ramadhan a été un baromètre éloquent concernant les dérives sur les axes routiers des diverses communes de la wilaya. Ouled Rahmoune, Didouche Mourad, Aïn Smara, Khroub, 'il ne se passe pas un jour sans déplorer des incidents générés par le volant. Bref par la passivité et l'énervement démesurés des usagers, ce qui cause des dégâts aussi bien matériel qu'humains. Le dernier bilan étalé par la Gendarmerie nationale du groupement fait état de 4 368 accidents enregistrés durant le premier trimestre 2013, et ce, à travers les wilayas est du pays. Le constat est douloureux : 504 morts et quelque 7 599 blessés. Une hausse sensible par rapport au semestre de l'année passée, selon la GN. Si les tronçons routiers (interwilayas ou intercommaux) assez fréquentés laissent suggérer une fréquence alarmante en accidents, le facteur humain reste le mobile le plus persuasif quant au nombre croissant des accidents. Depuis le début du mois sacré un tas de morts est à déplorer (74) et 990 blessés, selon des sources multiples. C'est la folie au volant alors que le bilan du mois n'est pas exhaustif. «Le facteur humain représente plus de 90% des accidents de la route», déplore une source policière qui ajoute que le restant des causes est dû essentiellement à l'état des véhicules, et d'un degré moindre à celui des routes. La wilaya de Constantine, qui engageait depuis trois années un vaste chantier de travaux publics est toujoursmontrée du doigt quand il s'agit
d'évoquer ses routes et ruelles. Que des nids de poules à même les récentes réfections. On y enregistre certes pas des hécatombes, or les véhicules se sont rendus malades en raison de cet aspect routier, insoutenable. En extra muros c'est plutôt l'absence de plaques signalétiques «claires» qui déroutent les conducteurs. Quoique la quasi-totalité des localités soient munies de panneaux, des
tergiversations s'opèrent au niveau des intersections et autres pistes, une physionomie qui laisse les usagers perplexes, par exemple, devant une sortie de chantier ou d'agglomération. Le parc automobile Constantinois qui avait enclenché il y a quelques mois une opération de tri a vu l'option ralentir. Bus et autos vétustes continuent de circuler sans gêne. Certaines séries d'automobiles sont largement dépassées mais continuent de servir. Et on se demande parfois par quel miracle roulent-ils si l'on sait que les pièces conçues pour les nouvelles cylindrées sont frappées de contrefaçon que dire des anciennes ' D'ailleurs à ce titre les pouvoirs publics sont sortis de leur mutisme, il y a près de deux ans- on ne peut mieux devant les pièces contrefaites et aussi la courbe montante des accidents qui en sont générés- pour exiger un contrôle rigoureux de toute pièce importée en plus d'un certificat de conformité en bonne et due forme. «On ne détient pas de chiffre précis sur les mécanismes jugés difformes», apprend-on d'une source crédible auprès de la direction du commerce qui estime cependant qu'il existe des «anomalies dans quelques pièces».Un amortisseur, des plaquettes de frein, usés avant terme et le drame apparaît. La fraude dans ce genre de dispositif fait ravage. On estime à 50% des pièces existantes sur le marché national qui sont loin de satisfaire, alertent les techniciens. Un appel qui n'est pas prêt d'être décodé à son intégralité. Il suffit de se rendre aux points de vente pour être convaincu de l'éventail proposé aux clients : «Premier ou deuxième choix '», vous interrogera
d'emblée le commerçant. Le second choix est évidemment chinois. Sauf que la teinte du premier choix s'avère aussi chinoise mais, nous dit-on, «de meilleur choix». Cette anarchie régnante en roue libre dans le marché de commercialisation des pièces est encouragée par les usagers qui, faute d'un pan d'origine, prisent tout et concourent d'une façon indirecte à «rouiller» le parc et le rendre davantage dangereux. L'humain est le principal responsable des accidents. Un peu de comportement et de prise aux sérieux des campagnes initiées par les experts pourraient infléchir la courbe du drame. Avec à l'évidence des sanctions envers les chauffeurs à la pédale «Rallye»
N. H.
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