Jugé, ce jeudi
par le tribunal criminel de Constantine, sous le chef d'inculpation «d'évasion
fiscale», l'ex-président du club de football le CSC, Boulahbib Mohamed, connu
sous le nom de "Soussou", a écopé de 3 ans de prison ferme et de 50
millions d'amende, alors que le représentant du ministère public avait requis à
son encontre une peine de 12 années de réclusion criminelle et 100 millions
d'amende.
Ce dernier, qui
n'a pas manqué de citer pour l'exemple les trois ministres désignés par Obama,
et qui ont été écartés de l'équipe gouvernementale pour leurs démêlés avec le
fisc, a insisté sur le fait qu'on ne badine pas avec ceux qui n'honorent pas
leurs impôts au pays. « Citoyenneté et paiement des impôts vont de pair »,
relèvera le représentant du ministère public. Ajoutant dans ce sillage, que «
chez nous, seul le salarié règle ses impôts, retenus à la source mensuellement
sur sa fiche de paie ».Développant encore son argumentaire pour convaincre le
tribunal de la gravité de l'accusation, il ne manquera pas de rappeler que «
c'est avec l'argent des impôts que l'état construit des routes, des écoles, et
autres infrastructures d'utilité publique ». La partie civile, représentée par
l'administration des impôts, soutiendra mordicus que « l'accusé n'a jamais
déclaré son chiffre d'affaires, et se trouve redevable au fisc d'une somme de
près de 14 milliards de centimes, résultant de son activité dans l'importation
du matériel électroménager durant les années 1991, 1992, 1993, et 1994», et ce,
malgré l'expertise établie à ce propos, « évaluant ces charges fiscales (NDLR :
l'IRG et la TAIC) à 2 milliards 900 millions de centimes». L'expert estimera,
en effet, que «ce chiffre de 14 milliards de centimes avancé par
l'administration des impôts, repose sur des informations sans aucune pièce
comptable comme fondement».
La défense de
l'accusé, pour sa part, réclamera la relaxe pure et simple pour son client, «
qui ne peut être accusé d'évasion fiscale alors que tous les objets
d'importations sont relevés sur le document D3 au niveau des douanes, où la TVA
est prélevé automatiquement ».
Plus encore,
comme en témoignera un cadre des douanes, « toutes les informations liées à ces
importations sont communiquées aux impôts dans un délai maximal d'une semaine
».
La plaidoirie
axera, donc, son intervention sur cet aspect et l'inexistence d'une quelconque
velléité d'échapper au fisc. Mais au bout de sa délibération, le tribunal
criminel retiendra ce grief de l'évasion fiscale, condamnant l'accusé à 3 années
de prison ferme et à une amende de 50 millions de centimes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com