
Al'entendre parler de sa passion pour le patrimoine immatériel, on se croirait face à une chevronnée. Pourtant, Warda Zerguine, n'a encore que 46 ans, mais elle apprend par c?ur un très grand nombre de proverbes, de mhadjiate (devinettes), de boqalate et de contes populaires.L'histoire de cette passionnée de culture populaire remonte aux années 1970. «Quand j'avais à peine 8 ans, j'écoutais beaucoup ma mère, mais aussi mes tantes et les femmes âgées de la famille lors des veillées à la maison, et je m'intéressais tant à toutes ces histoires et sagesses populaires au point de consacrer des cahiers pour les noter», déclare Warda. Un intérêt qui grandira au fil des ans pour cette femme qui a décidé de sacrifier tout son temps à la mission de collecte et de sauvegarde de ce patrimoine.Ingénieur en hydraulique de l'université de Batna, cadre à l'ADE de Guelma, et correspondante du journal arabophone Al Massa, Warda décidera de concrétiser tout ce bouillonnement d'idées par la publication à compte d'auteur de trois séries de livrets rassemblant tout ce qu'elle a pu collecter durant des années. «J'ai décidé de faire ce premier pas, car j'ai constaté que les gens s'y intéressent beaucoup, c'est aussi une manière pour moi de préserver ces richesses», notera-t-elle.Warda commencera par diffuser elle-même son produit. Mais le plus grand projet que cette passionnée a pu réaliser est son livre intitulé «Al Ounkoud» (La grappe), édité avec le soutien du ministère de la Culture et publié à l'occasion de l'évènement Constantine capitale de la culture arabe 2015. Un ouvrage qui concentre des années de recherche, dans lequel elle présente, avec étude, comparaison et explication, plus de 400 devinettes, 500 boqalate et des centaines de proverbes de plusieurs régions d'Algérie.Un travail pour lequel Warda a du se déplacer dans plusieurs wilayas à la rencontre des gens simples qui continuent de vénérer ce patrimoine. «C'est un plaisir pour moi de me consacrer à ce trésor et j'espère faire encore mieux, car ce monde est très vaste à explorer», conclut Warda, qui compte aller plus loin, en préparant des ouvrages dans le même volet en kabyle et en chaoui, et pourquoi pas un jour en mozabite et en targui. Elle ne manque ni de volonté, ni d'ardeur pour le faire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A
Source : www.elwatan.com