Ghoul veut désamorcer la «bombe écologique»
Le ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, a tenté hier de désamorcer la «bombe écologique» lâchée par les défenseurs de la nature et de l’environnement à propos du passage de l’autoroute Est-Ouest en plein Parc national d’El Kala.
Profitant de sa visite de travail hier à Constantine, le ministre s’est voulu rassurant quant aux éventuelles conséquences néfastes que pourrait induire le passage du tracé de l’autoroute au milieu du Parc national. «Les données réelles du terrain ne justifient en rien la controverse soulevée par le passage du tracé de l’autoroute Est-Ouest par le Parc naturel d’El-Kala», a-t-il en effet argué devant les journalistes. Selon lui, le tracé de l’autoroute, qui «ne touche que 0,02% dudit parc», a été élaboré en consultation avec toutes les parties concernées (forêts, environnement, agriculture et autres) et approuvé localement avant d’être soumis à l’autorité centrale. Une façon pour le ministre de suggérer que les pouvoirs publics ne sont pas près de céder à la pression populaire et celle de certaines associations qui crient au «massacre écologique». Le ministre confirme d’ailleurs que le projet va sûrement toucher le Parc national au risque de perdre son itinéraire.
«L’autoroute Est-Ouest qui ne traverse ni les lacs ni les massifs forestiers ne peut, toutefois, contourner le parc sans perdre son sens et son objectif».
Au besoin, le ministre a servi des explications techniques pour prouver le bien-fondé de sa démarche. «La variante du contournement la ferait passer par une zone vide où elle ne servirait pas à grand-chose sur le plan national et, de plus, cela nécessiterait le perçage de 20 km de tunnels pour un coût équivalant à celui de 200 kilomètres d’autoroute». Autre argument, Ghoul estime qu’un éventuel contournement induirait une rallonge de cinq années du délai de réalisation et que cette infrastructure, d’après lui, risque de perdre son caractère «trans-maghrébin» du fait qu’elle ne pourrait plus faire la jonction avec l’autoroute de Tunisie qui la prolonge jusqu’en Libye et vers la Mer rouge». Et aux opposants à ce projet, le ministre assure que le plus important dans cette entreprise «n’est pas le passage de l’infrastructure par le parc, mais les mesures environnementales qui accompagnent sa réalisation et qui ont été planifiées sur une portée de plus de trente ans». Ainsi, il y est prévu, indique le ministre, la plantation d’un rideau boisé le long du tracé, une prise en charge rigoureuse de la protection de la flore et de la faune dans ses moindres détails et où même le milieu de vie du mille-pattes sera respecté». Amar Ghoul, qui se veut visiblement rassurant à n’importe quel prix, a cité l’exemple du Canada, «pays des plus respectueux de l’environnement», où des autoroutes traversent des zones naturelles protégées. Cela suffira-t-il, pour autant, à faire avaler la pilule aux protecteurs du parc d’El-Kala?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com