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Polémique autour de l'origine ottomane du palais



Polémique autour de l'origine ottomane du palais
Des chercheurs en histoire soutiennent, documents à l'appui, que la bâtisse a été construite après la prise de Constantine en 1837 par l'armée française.Ksar El Agha, le beau palais qui se dresse au centre-ville de Ferdjioua, dans la wilaya de Mila, n'a pas livré tous ses secrets en matière d'identité, malgré son cachet architectural spécifique qui tranche avec toutes les bâtisses de la ville, tant anciennes que modernes. Pour les architectes et cadres de la direction et du ministère de la Culture qui analysent, depuis des années, les formes, les motifs décoratifs, les matériaux utilisés dans la construction et la finition, la végétation et l'orientation spatiale du monument, Ksar El Agha est un legs de l'époque ottomane qui s'est achevée pour la région est en 1837, avec la prise de Constantine par l'armée française. Pour des chercheurs en histoire, c'est un tout autre son de cloche.Ceux-ci n'admettent toujours pas l'origine turque de la bâtisse, expliquant que des documents administratifs en leur possession confirment l'origine française du palais. Ce qui n'a pas manqué de surprendre l'opinion publique et de faire réagir la direction de tutelle. Mounira Mili, architecte et cadre à la direction de la culture, s'exprime sur la question. «Pourquoi les Français auraient-ils construit un palais de style ottoman à Ferdjioua ' Pourquoi ne l'auraient-ils pas fait partout où ils étaient en Algérie», s'interroge-t-elle.Pour cette architecte, la paternité du ksar est tranchée. Le monument est d'origine turque et que toute opinion différente relève de l'affabulation. Décortiquant, un à un, les éléments matériels et spatiaux formant la bâtisse, elle dira : «Ksar El Agha comporte une multitude d'arcs de style ottoman et un patio. N'a-t-on jamais vu un patio dans une ?uvre architecturale française ' Ensuite, la céramique et les carrelages sont typiquement orientaux. Alors que les arbres implantés les jardins sont antérieurs à l'époque coloniale.»Notre interlocutrice, qui renvoie les contradicteurs aux résultats des analyses scientifiques effectuées par les spécialistes envoyés sur le site par le ministère de la Culture, décèle, toutefois, une touche française dans l'immense ouvrage, la ceinture métallique qui l'étreint. Un ouvrage qui aurait été réalisé pour conforter la bâtisse quand les Français l'ont transformée, en 1881, en siège de la commune mixte. «Il n'y a de français dans tout le bâtiment que cette bande métallique qui le ceinture.Elle aurait été placée pour rendre la texture des murs plus solidaire», poursuit-elle. Le directeur du patrimoine à la direction de la culture, Abdelhamid Chiaba, va dans le même sens en expliquant que tout prouve que le monument est de conception et de construction ottomanes. Et de s'interroger : «Qu'est-ce qui justifie le style architectural et les matériaux utilisés si c'étaient des Français qui avaient érigé le palais '»Rétorquant à ceux qui croient que les Ottomans avaient construit un palais pour le gouverneur de Ferdjioua dans la région de Hammam Ouled Achour, bien loin de la ville de Ferdjioua, Chiaba dira : «Bouaâkaz était le gouverneur de Ferdjioua désigné par Ahmed Bey. Le chef-lieu de son territoire était donc la ville de Ferdjioua. Il n'est pas logique donc qu'il aille installer sa résidence et son administration loin de sa capitale, dans une région enclavée et montagneuse de surcroît.»


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