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Pèlerinage au pont Salah Bey



Pèlerinage au pont Salah Bey
Le Tout Constantine se découvre un nouveau hobby : une balade sur le? Transrhumel ! A peine inauguré le 26 juillet dernier par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le huitième pont de la ville du Vieux Rocher constitue, depuis ce jour, l'attraction de l'été.Plus, il est devenu le point névralgique, un lieu es qualité en matière embouteillages et où il est difficile de circuler. Une difficulté accentuée par les cortèges de mariage qui s'y engouffrent en klaxonnant à tue-tête, les femmes poussant des youyous et les convives prenant des photos «inédites» avec pour toile de fond les haubans du pont. En fait, l'engouement pour cet ouvrage est tel qu'il prend carrément l'allure d'un pèlerinage pour les Constantinois et même pour des citoyens venus des wilayas limitrophes. Il est vrai que dans une ville où les lieux de loisirs et de détente sont inexistants, les Constantinois n'ont guère l'embarras du choix pour changer d'air ou de décor.Tout nouveau tout beau, le pont géant attire et captive les riverains, curieux de découvrir de visu cet ouvrage colossal, dont l'étude et la réalisation ont été confiées au groupement brésilien Andrade-Gutierrez pour un montant de 18,7 milliards de dinars. Ce pont géant fascine également de par sa longueur de 1100 m, et une largeur de plus 27 m. Il relie la place de l'ONU à la route de Batna, avant d'atteindre prochainement le plateau de Mansourah. Il est majestueux. Nous nous y sommes rendus en famille le lendemain de son inauguration.Nous avons d'ailleurs stationné un long moment sur le côté pour prendre des photos avec nos enfants ; d'ailleurs nous n'étions pas les seuls à le faire, il y avait de nombreux autres citoyens qui s'étaient arrêtés, comme nous, pour immortaliser la magie de ce moment », raconte une quinquagénaire, résidant dans le quartier de Sidi Mabrouk. Outre sa conception architecturale, son conjoint a apprécié, quant à lui, la baptisation de l'ouvrage au nom de Salah Bey, l'un des plus célèbres beys de Constantine.Il « veillera » sur Sidi RachedConsidéré comme le « bey des beys » par la population de l'antique Cirta, Salah Bey a, en effet, marqué de son empreinte la capitale du Beylik de l'Est durant sa gouvernance qui dura 21 ans. Une période faste au cours de laquelle il avait entrepris d'importants travaux d'urbanisme au niveau de la ville, en construisant notamment des médersas et en restaurant le pont romain d'El Kantara.Trois siècles après sa mort, en 1792, Salah Bey va cette fois-ci contribuer à préserver le plus que centenaire pont de Sidi Rached, inauguré en 1912 et qui a déjà fait l'objet de plusieurs fermetures pour des travaux de confortement approfondis consécutivement aux glissements de terrain qui ont affecté sa culée ouest. Le pont Salah Bey va donc, désormais, atténuer la circulation automobile qui pèse de tout son poids sur celui de Sidi Rached.«Grâce au Transrhumel, la fermeture du pont de Sidi Rached n'affectera pas trop la circulation au niveau du centre-ville, même si les files de voitures des curieux et les cortèges nuptiaux génèrent pas mal de bouchons. Mais avec le temps je pense que l'attrait de la nouveauté va commencer à s'estomper et le pont géant sera moins pris d'assaut comme cela a été le cas pour le tronçon de Massinissa qui a, lui aussi, connu une grande affluence de la part des citoyens et où la plupart des mariés se rendaient pour prendre des clichés au niveau de la stèle », estime un retraité, subjugué lui aussi par la beauté de l'ouvrage.Un pont remplace un autreIl est vrai qu'à Constantine, le vide engendré par l'absence de lieux de détente et de loisirs, pousse les citoyens à jeter leur dévolu sur n'importe quoi, l'essentiel pour eux c'est de trouver un passe temps compensatoire d'une aridité chronique en matière de hobbies. Comme cela fut le cas avec le tronçon routier de Massinissa, reliant la zone industrielle Palma à l'embranchement principal de la cité Zouaghi en allant vers l'aéroport international Boudiaf.Il est l'un des principaux points de jonction entre la commune de Constantine, l'aéroport, la route de Batna et la nouvelle ville Ali Mendjeli. Après avoir été «squatté» pendant des années, ce tronçon, inauguré par le président Bouteflika en juillet 2000, n'a plus la cote à présent, depuis longtemps déjà, alors qu'il constituait au début un passage obligé, notamment pour les jeunes mariés qui s'y rendaient pour immortaliser des instants de bonheur au pied de la stèle inaugurale représentant un morceau de pont.Et c'est ainsi, qu'un pont remplace un autre à Constantine, appelée ville aux 8 ponts désormais, et dont un pan entier de son histoire est viscéralement lié à ces ouvrages devenus au fil du temps l'ultime recours des Constantinois en quête de dépaysement. A Constantine, en effet, trouver quoi faire en été, c'est vraiment toute une histoire. «En été, c'est vraiment la mort lente dans cette ville où il n'y a pas de mer, de piscines, de parc d'attraction ou animalier, donc les familles ne trouvent nulle part ou aller pour prendre un bol d'air frais.Le quotidien des Constantinois est tellement creux que beaucoup de citoyens vont flâner dans certaines grandes surfaces de la ville (près de la cité Boussouf ou à la nouvelle ville Ali Mendjeli) pour faire du shopping ou simplement pour tuer le temps et combler leurs journées.C'est pour cela que le Transrhumel est devenu une véritable attraction pour la population locale, mais aussi pour les habitants des wilayas environnantes qui ne sont guère mieux lotis que nous», nous confie, dépitée, une enseignante à l'université Constantine 1.


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