
Plus jamais ça!», criait-on à chaque fois que l'innommable est commis contre les enfants en Algérie.Mais ce n'est qu'en 2013 que les choses ont bougé à la suite d'un double infanticide qui a secoué le pays tel un séisme de magnitude 7, dont l'épicentre est enregistré à Constantine. Le phénomène s'est installé crescendo et c'est la terreur parmi les populations, notamment dans les grandes villes où les enfants ne sortent plus sans être accompagnés.Les Algériens sont marqués par le souvenir de Yacine, 4 ans, retrouvé mort au fond d'un puits à Alger, Yasser, 3 ans, de Constantine ou encore Chaïma de Zéralda. Des dizaines de kidnappings qui se terminent souvent par des meurtres. Des statistiques rendues publiques donnent des frissons et confirment qu'il s'agit bien d'un fléau en expansion.Des organisations tirent la sonnette d'alarme, exigeant du gouvernement de réagir et de prendre des mesures à la hauteur du drame. Un millier de cas de disparitions forcées, des «kidnappings», ont été enregistrés depuis dix ans. «Chaque heure, 5 enfants sont victimes de violence», indique le professeur Mustapha Khiati. C'en est trop ! Le réseau Nada et la Forem insistent pour la création d'un mécanisme d'alerte des disparitions et plaident pour le rétablissement de la peine de mort dans les situations graves qui touchent les enfants.L'Etat temporise et hésite entre répondre au désir de la société et honorer ses engagements d'abolition de la peine de mort. Jusqu'à cette triste journée du 9 mars 2013. Haroun et Brahim, âgés de 9 et 10 ans, sont enlevés devant leur immeuble à la ville nouvelle Ali Mendjeli. Au bout de trois jours et trois longues nuits d'attente et de recherches désespérées, ils sont retrouvés morts, leurs corps abandonnés dans des sacs, à quelques dizaines de mètres de chez eux. La nouvelle jette l'émoi au sein de la population. La colère fuse comme un volcan et s'exprime par la violence, mais aussi par la mobilisation. Des milliers de personnes marchent sur Constantine et exigent d'une seule voix de pendre les coupables.Avant même que les corps ne refroidissent, les assassins sont arrêtés par la police. Oubir Hamza (21 ans) et Liamine Kouasmi (38 ans) sont des récidivistes, ils seront condamnés à la peine capitale. Une sentence qui va calmer les esprits sur le moment. En décembre 2013, le code pénal amendé par le Parlement suit la tendance générale et punit les tueurs d'enfants par la peine capitale au grand dam des abolitionnistes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com