
Décidément, l'APC de Constantine est déterminée à achever son mandat dans le déshonneur. Hier encore, à l'occasion de la session ordinaire, Mohamed Rira, la majorité invisible du FLN, et la quasi-majorité des élus, ont démontré qu'ils n'ont aucun courage à défendre leurs propres initiatives, quand bien même ces initiatives sont porteuses de bon sens. L'assemblée a reculé, en effet, sur sa décision d'augmenter les tarifs de location de ses biens et a voté une révision à la baisse de la nouvelle tarification, allant jusqu'à 50%. Les commerçants peuvent crier victoire, une victoire somme toute très facile, eux qui ont initié une grève d'une journée sans grandes conséquences, et surtout sans avoir décroché l'adhésion populaire. Mais la décision de la commune obéit plutôt aux injonctions du wali. Le chef de l'exécutif local a instruit, en effet, les élus de revoir leur copie, certainement pour des considérations qui intéressent sa gestion. Sauf que les élus ont agi auparavant selon ce qui leur semblait profitable à leur trésorerie, et aussi conformément aux directives du gouvernement prônant l'amélioration des ressources des collectivités locales en revalorisant leur patrimoine. D'ailleurs, le wali précédant, Hocine Ouadah, avait exercé beaucoup de pression pour amener cette même APC à augmenter sensiblement ses loyers. En moins d'une année, l'APC présidée par Rira a cédé aux désiderata contradictoires de deux walis, sans formuler la moindre résistance. C'est l'image même de l'assemblée croupion, appendice de l'administration locale. Au moins une voix s'est fait entendre hier, pour rappeler que les élus ne sont pas au service du wali et de ses décisions. Mais la salle de délibération n'a rien retenu du solo frondeur, préférant l'orchestre du «oui», quand bien même il jouait la symphonie de la soumission. Ainsi, l'intérêt des commerçants passe avant l'intérêt général, et la porte de la commune s'ouvre encore plus grande devant les appétits des clans. Tant que ces partis en faillite morale et professionnelle sont aux commandes de l'APC, rien ne sert d'espérer le redressement de cette collectivité de base, même pas la crise économique et ses impératifs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com