Oued El-Had, l'une des nombreuses cités qui «ceinturent» Constantine, vit dans un cadre qui laisse perplexe plus d'un. Les anciens qui connaissent le quartier racontent, qu'initialement, Oued El-Had fut érigé, comme centre de regroupement, créé pour loger, dans des conditions précaires, des habitants des mechtas voisines contraints de quitter leurs terres et leurs fermes, pour satisfaire aux exigences sécuritaire de l'occupation, qui espérait, grâce à ce déracinement injuste, couper les combattants de l'armée de Libération nationale de leur soutien. Â Depuis, Oued El-Had, avec des fortunes diverses est devenu l'une des cités les plus peuplées de Constantine. Des immeubles ont poussé comme des champignons, des villas ont été construites et, bien entendu, les commerces en tous genres y ont proliféré. Â Hélas, les conditions de vie sont devenues, au fil du temps, épouvantables, dans ce quartier où l'anarchie règne en maître absolu. A l'exception de quelques rues goudronnées, mais pleines de crevasses et de nids de poule, tout baigne dans la poussière et des conditions d'hygiène limites. Â Dans la rue principale l'activité commerciale est florissante, et on y trouve de tout. Il y a des magasins bien achalandés, de pièces détachées automobiles, des boutiques d'articles ménagers, de l'électronique, etc. En face, sur l'autre trottoir, c'est au contraire, un marché informel de «bric et de broc» où l'on y vend indifféremment des fruits et légumes, des articles de bazar, des vêtements neufs importés de Chine ou de Turquie. Personne ne s'étonne plus de voir, posés à même le sol, des téléviseurs d'occasion, des lecteurs DVD fabriqués en Chine flambant neufs, avec juste à côté des cageots de poissons ou de la viande provenant des abattages clandestins, grouillants de mouches, sous un soleil de plomb. Les clients déambulent dans ce marché pour faire des achats, indifférents à la poussière épaisse et aux conditions d'hygiène des plus déplorables. La circulation automobile dans la rue principale est une véritable foire d'empoigne où chacun circule ou stationne à sa guise. Traverser en voiture le quartier est une expédition délicate, car outre les crevasses, il faut faire attention aux piétons qui traversent ou occupent la chaussée pour vendre et acheter ou discuter. Â De nombreux citoyens, rencontrés sur les lieux, déplorent cette situation désastreuse et signalent même que les risques de maladies à transmission hydrique sont réels, car plusieurs décharges à ciel ouvert sont pleines d'ordures dont l'enlèvement est plutôt aléatoire. Et pour couronner le tout, l'oued Boumezoug, devenu un égout à ciel ouvert, charrie également, à longueur d'année, des eaux noires, provenant probablement des conduites d'eaux usées qui s'y déversent d'un peu partout. De toute évidence, nous dit-on, les services de la voirie ont baissé les bras, face à cette anarchie. Des habitants se proposent de lancer une campagne d'assainissement. Pour ce faire, ils déclarent en avoir discuté avec l'antenne APC qui a donné son accord de principe pour une participation matérielle, comme cela a été fait dans d'autres quartiers. Y a-t-il espoir de sauver Oued El-Had du naufrage de l'insalubrité? La question est posée.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdelkrim C
Source : www.lequotidien-oran.com