
A. LemiliLe Forum hebdomadaire de la Radio locale consacré à l'activité sportive et les moyens humains, matériels et financiers qui vont avec, a, comme d'habitude, contribué à mettre à nu la quasi-généralisation des carences administratives qui ne sont visibles que lorsqu'elles sont abordées publiquement. Dimanche dernier, était donc passé au crible cette mesure phare de l'Etat consistant à soutenir la promotion tous azimuts de la catégorie la plus importante de la population en l'occurrence ses jeunes. Le sujet abordé de prime abord a concerné la réalisation et surtout la multiplication des espaces sportifs de proximité très souvent pas à bon escient compte tenu de la disparité desinstallations, de leur qualité et de leur prise en charge. Une mesure, toutefois, sur laquelle les institutions ad-hoc de l'Etat se sont appesantis à travers la loi 13-05 partant évidemment du formidable impact social que celle-ci allait avoir sur la population ciblée. Les dispositions contenues dans l'article 48 de ladite loi en résument l'objectif essentiel «prévention et promotion de la santé publique » et également et surtout «occupation du temps libre». Ce qui est loin d'être négligeable compte tenu de la rareté pour ne pas dire la pauvreté, voire même l'inexistence de loisirs dignes de ce nom destinés aux jeunes et aux enfants.Des questions, des réponses et une réalité décourageantePremier couac : l'un des invités en l'occurrence la responsable des investissements, autrement dit l'un des cadres parmi les plus importants de la direction de wilaya de la jeunesse et les sports (la séparation entre les deux secteurs par analogie auxdépartements ministériels existant n'ayant pas encore été suivie d'effet à Constantine. Ndlr) allait briller par son absence amputant ainsi de fait le débat de données certainement importantes.Abdelhamid Houam, responsable quant à lui de l'éducation sportive et de l'activité physique au sein de la même direction, répondra avec la plus grande clarté aux questions posées par les journalistes, même si ses réponses étaient loin d'être convaincantes compte tenu de la réalité du terrain et, partant de l'état des infrastructures sportives de proximité déjà en place, de celles en projet qui ne démarrent toujours pas malgré les récurrents engagements très officiels des pouvoirs publics et enfin les infrastructures en cours deréalisation et dont l'aboutissement semble littéralement hypothétique et pour certaines improbables. Il en est ainsi du complexe olympique dont la réalisation à hauteur du lieudit Gatar el aïech (20 km au sud-est du chef-lieu de wilaya) est, en ce sens, des plus anecdotiques à telle enseigne qu'aborder le sujet place dans une réelle gêne extrême tout représentant de la direction concernée en raison de l'absence de réponses rationnelles. Véritable arlésienne, le projet avait été pompeusement annoncé en 2006 par un wali, promu depuis ministre, et ceux qui lui ont succédé n'ont fait qu'en renforcer la virtualité à mesure que passe le temps. Autant dire que rares sont parmi les Constantinois à avoir cru à ce qui apparaissait d'emblée comme une galéjade malgré l'imbroglio engagé et plus particulièrement l'opérationpharaonique qui s'en est suivie pour débarrasser le terrain d'assiette occupé depuis des décennies par des ferrailleurs et désormais localisés dans une autre commune.Néanmoins, c'est plutôt sur les espaces sportifs de proximité que se fixeront les échanges entre le représentant de la direction de wilaya de la jeunesse et les sports et les journalistes rapidement relayés au téléphone par desauditeurs vraisemblablement très au fait du sujet d'une part et plus qu'intéressés en ce sens que lesdits espaces contribuent de manière effective à occuper le temps libre de leurs enfants pour la majorité. Sont ainsi passés à la loupe salles omnisports dans un état de dégradation avancé, sous-exploitées, réalisées et toujours non exploitées, petits bassins nautiques, bassins semi-olympique et olympique, centre sportifs de proximité, maisons de jeunes, c'est-à-dire autant d'éléments qui meublent les rapports mensuels et parfois les bilans, les programmes à venir de deux ou trois directions de l'exécutif et qui n'ont pour particularité que d'exister dans les discours officiels des responsables. Dans le même contexte, Abdelhamid Houam a tenu à souligner que malgré toute l'énergie intellectuelle, l'énergie physiquedéployée par lespersonnels de la direction qu'il représente, «il est plus que nécessaire d'augmenter au moins de 50% les effectifs existants».Pour information ces effectifs sont de l'ordre de : 39 conseillers, 242 éducateurs spécialisés, 53 éducateurs, 12 entraineurs diplômés au 3e degré, 28 au 2e degré, 95 au 1er degré auxquels sont associés ce qui est qualifié dans le jargon utilisé dans le secteur «les corps mixtes».C'est-à-dire les fonctionnaires en poste au sein des établissements scolaires et qui activent in situ dans le domaine.Exploitation et gestion approximatives des espaces sportifsCeci étant, la gestion même des espaces sportifs de proximité est problématique, de l'aveu même du représentant de la direction de wilaya de la jeunesse et des sports lequel a tenu à souligner que jusque-là «celles-ci étaient confiées à des associations de quartiers dans le cadre d'une convention», mais une convention au contenu quelque peu approximatif quant à une gestion dans les normes qui aiderait à délimiter les attributions des uns et des autres sur des investissements pour lesquels l'Etat a consenti d'énormes fonds compte tenu leur multiplication, pour celles qui existent déjà en attendant celles dont la réalisation devrait, à en croire le représentant de l'administration, démarrer très prochainement.À la décharge des pouvoirs publics, autant souligner l'engagement très mitigé des responsables d'associations et comités de quartier d'assurer le relais en ce sens en veillant à la préservation des lieux, leur gestion et les besoins potentiels d'autant plus que celles-ci sont conventionnellement liées à l'administration.Précisons qu'au cours d'une tournée que nous avons faite à travers de nombreuses cités de deux communes l'entretien de ces espaces est effectif ou inexistant selon le niveau social des habitants des lieux. Dans une cité Aadl où ne résident quasi globalement que des cadres moyens de l'Etat, le terrain qui y est implanté est plus que bien entretenu. Les locataires contribuant de manière formidable au financement des équipements, sa dotation, l'éclairage nocturne et même la rétribution complémentaire du gardien. Ce qui n'est pas le cas pour un même espace réalisé dans un lieudit où les voies d'accès sont boueuses, l'énergie électrique n'y parvenant pas en raison de sa situation en marge du lieu en question et bien d'autres considérations qui font que lesinstallations, aussi sommaires, sont très vite l'objet d'actes de vandalisme. Il ne serait pas exagéré d'évoquer une certaine forme de discrimination volontaire des pouvoirs publics dans la nature même de la réalisation de ces espaces selon que les habitants des lieux concernés sont d'extraction sociale moyenne, modeste ou dénuée. Abdelhamid Houam évoque indirectement et sans doute involontairement ces parents «exigeant que leurs enfants évoluent dans des salles» citant dans la foulée les familles de la cité Zouaghi laquelle, pour qui ne connaitrait pas Constantine, est considéré comme le Beverly Hills pour le commun du reste de la population. Le paradoxe est que les responsables des pouvoirs publics locaux obtempèrent le doigt sur la couture du pantalon en y répondant favorablement. Il suffirait pour cela de jeter un coup d'?il sur les réalisations qui y sont entreprises dans le cadre de la manifestation culturelle de 2015. Et le tramway ne s'arrête-t-il pas d'ailleurs à la cité Zouaghi où rares sont les habitants qui ne disposent pas d'une flottede véhicules selon le nombre de personnes constituant la famille. Au moment où ceux d'Ali-Mendjeli souffrent le martyre pour aller travailler et/ou rejoindre leur domicile.Les espaces sportifs de proximité, selon le représentant de la direction de wilaya de la jeunesse et des sports, vont encore se multiplier «...plus d'une dizaine de terrains sont en cours de finalisation au moment où des dizaines d'autres également sont programmés à travers toute la wilaya».A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com