
A. LemiliS'il n'existe aucune cohérence à la pauvreté dans la ville de Constantine et celles qui lui sont voisines, il n'existe non plus aucune cohésion des pouvoirs publics en ce sens. Une cohésion du moins visible, quantifiable, à l'exception bien entendu du pataquès médiatique mis en place à chaque rendez-vous cyclique précis, tel le mois de Ramadhan, sinon à l'occasion d'évènements exceptionnels à l'image de sinistres d'origine naturels.L'absence de cohérence consiste à souligner que richesse ou tout bonnement aisance et pauvreté devraient être logiquement distincts et délimités par une ligne de démarcation qui se singulariserait forcément par un état physique visible. Ce n'est plus le cas à Constantine car tout individu comme n'importe quel citoyen lambda, le qualificatif de pauvre ne semble s'appliquer qu'à la personne la plus dénuée possible que peut être un mendiant. Faudrait-il encore qu'il en existe tels que décrits à travers la littérature hugolienne dès lors que désormais les mendiants, et ce pour rejoindre leur domicile, quittent l'espace où ils «officient» dans un véhicule de location avec lequel rendez-vous a été pris au préalable.L'absence de cohérence est aussi visible avec la passivité des pouvoirs publics par rapport à la situation décrite d'autant plus que des textes réglementaires existent pour, quoi que le terme est inapproprié, réprimer la mendicité parce qu'en vertu des obligations qui leur sont faites ces mêmes pouvoirs publics sont en devoir de créer les conditions de vie décentes aux personnes vulnérables. Cette passivité est telle par ailleurs que même les hôtes de la ville de Constantine que sont les subsahariens fuyant la guerre dans leur pays restent livrés à eux-mêmes et ne vivent, voire ne survivent, que grâce à la phénoménale solidarité de nos concitoyens.L'attitude de ces mêmes concitoyens est démonstrative en ce sens de l'incongruité de l'image mettant presque sur un même pied d'égalité une personne nécessiteuse, pour ne pas dire un mendiant, et un ordinaire citoyen sur le nombre, sachant que dans les rues et nous en donnons pour exemple celle de Abane Ramdane ou le boulevard Belouizdad lesquels, abritent autant de mendiants que de passants. Pourtant si les textes existent et mieux encore mettent en demeure les pouvoirs publics de les faire respecter en les faisant justement appliquer, rien n'est pour autant fait. L'absence de cohésion quant à elle réside dans le fait que la société civile ne joue pas le jeu non plus et ne fait pas honneur à son devoir de témoin de la citoyenneté en n'ayant jamais, via ses réseaux organisés, pris l'initiative d'indiquer au minimum la route à suivre à la population et dans la foulée exhorter ou obliger les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités en ce sens.L'absence de cohésion, cela est également l'idée même de pallier à cette défaillance des pouvoirs publics en prenant sur son propre temps, ses forces physiques, ses capacités, l'absence de l'Etat dans la gestion d'un cadre de vie local, lequel, sur le long terme, risquerait de déboucher sur des situations explosives. N'est-ce pas d'ailleurs ce qui est en train de se passer depuis quelques jours dans la ville avec des citoyens excédés par la présence des infortunés réfugiés subsahariens, dont le seul tort est d'être de plus en plus nombreux. Nous tenons à rappeler sur cet aspect précis de la gestion de leur présence dans la ville des Ponts, nous avons obtenu comme réponse «...en quoi cela vous dérange-t-il'», à la question suivante : «Pourriez-vous nous dire si la présence de personnes étrangères en continuelle augmentation est-elle prise en charge dans un cadre organisé '», posée à un officier de la sûreté de wilaya, qui plus, est chargé de la communication. En somme à une question nous avons obtenu comme réponse une autre question, mais nettement plus agressive.Conclusion : la situation va de mal en pis, jusqu'à ce que survienne unedéflagration sociale.A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com