C'est à l'occasion de sa première sortie officielle qu'Abdelaziz Bouteflika, nouveau président de la République, stigmatisait, à Constantine le 6 juillet 1999, ce qui allait s'avérer l'effectif échec conceptuel d'une ville censée consacrer une rupture avec le misérabilisme urbain qui n'arrêtait pas d'envahir l'ensemble des grandes cités algériennes. C'est donc en visitant la nouvelle ville
Ali-Mendjeli et, dans la foulée, en procédant à son inauguration qu'il lâchera en «off» à la délégation d'officiels qui l'accompagnait «qu'on lui avait parlé d'une nouvelle ville et voilà que je trouve un bidonville amélioré» (sic). Le chef de l'Etat avait vu juste même si la nouvelle ville n'était encore qu'au stade embryonnaire et ce qui, a première vue, semblait comme étant la cité du futur allait s'avérer un fiasco, qu'une décennie après confirme les dysfonctionnements qui en font, d'ores et déjà, une ville dont il faudra réfléchir aux problèmes qu'elle commence à poser sur tous les plans. Faudrait-il, par voie de conséquence, prendre cet échec comme exemple pour éviter de recréer les mêmes travers dans la réalisation des nouvelles villes que l'Etat projette de créer dans un avenir proche d'autant plus qu'il s'agit, pour les pouvoirs publics, de l'une des solutions essentielles pour résorber non seulement le problème du logement mais littéralement tous les phénomènes sociaux qui lui sont connexes ' Logiquement, la réalisation d'une nouvelle ville oblige à une réflexion multiple, dont l'un des principes fondamentaux serait d'éviter cette forme de concentration urbaine qui, justement, a énormément contribué à la congestion de celles déjà disponibles et ce pour de multiples raisons, dont la surpopulation, et pour cause la concentration des activités administratives, des centres d'emplois, des services, des établissements d'éducation, etc.
Bien entendu, si tout cela est dans la vision des pouvoirs publics, celle-ci est plutôt de courte portée dans la mesure où jusque-là tout semble se faire en l'absence d'une véritable politique urbanistique avec le seul souci, hélas ! de répondre à une demande ponctuelle qui est celle du logement, et peu importe qu'elle en serait la conception immédiate et les conséquences que celle-ci aura par la suite. Autrement dit sans tenir compte réellement d'un schéma d'aménagement cohérent, flexible et qui tiendrait compte de toutes les formes de développement inhérent à une ville.
Bien évidemment, les villes existantes et les limites qu'on leur connait désormais, sont là pour servir de parfait exemple de ce qui serait à faire ou ne pas faire. Quoi qu'il en soit, leur conception ne saurait se faire sans qu'il n'y ait réflexion autour de la création de pôles de développement éloignés par rapport à leur centre urbain.
Ces pôles serviraient à absorber et les besoins et les demandes de la population, pour peu, toutefois, sinon à la condition sine qua non, que la mobilité des populations soit garantie et, pour ce faire, il y a nécessité, voire obligation, de la disponibilité d'un réseau de transport public sans faille.
La qualité de vie des citoyens dans une cité dépend intrinsèquement de cette condition, dont les Algériens souffrent énormément à l'heure actuelle.
D'où, encore, une obligation qui consisterait à réfléchir aux moyens de transports parmi les plus lourds notamment, comme il sera réfléchi à l'aménagement harmonieux des espaces verts, des lieux de convivialité et autres espaces récréatifs : salles de spectacles, piscines, aires de jeu de proximité, hôtels, restaurants, commerces, clubs, discothèques'
Il faudrait sans doute juste se poser la question s'il existe une réelle politique en la matière '
Si des projets d'une telle importance sont effectivement portés par des groupes multidisciplinaires auxquels appartiendraient des paysagistes, artistes, urbanistes, architectes, géographes, sociologue '
Au vu de la réalité telle qu'elle se présente, tout cela semble très peu probable et la réserve formulée par le président de la République en juillet 1999 résume, on ne peut mieux, ce constat implacable. Reste maintenant que les ministres concernés, en l'occurrence Tebboune et Benyounès, semblent avoir maitrisé leur dossier. Il faudrait juste espérer que tout cela n'ait pas à relever de gesticulations auxquelles les Algériens ont tellement été habitués. Car rappelons, juste pour l'anecdote, qu'il y a cinq ans, Rachid Boukerzaza, ministre de la Ville à l'époque, accompagné d'une forte délégation, se déplaçait dans la Ville des Ponts pour y animer durant quelques jours une importante rencontre, où de doctes universitaires ont brillé par leurs interventions.
Le sujet : vendre le nouveau schéma de cohérence urbaine décidé par le gouvernement. Aussi bien le ministre que le projet ont vécu.
A. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Lemili
Source : www.latribune-online.com