De notre correspondant à Constantine
A. Lemili
«Nous ne parlerons pas que des réalisations socioéconomiques de l'Algérie et notamment celles dont s'enorgueillirait le Front de libération nationale, dont l'expérience est loin d'être celle d'un parti juvénile puisqu'il puise son authenticité depuis le déclenchement de la Révolution. L'expérience plaide pour nous au même titre que l'Histoire dont nous restons les acteurs essentiels pour avoir vécu aussi bien les Chartes que les Constitutions depuis que l'Algérie a entamé la reconquête de sa liberté.» Réponse du berger à la bergère, c'est en quelque sorte la réplique hier du secrétaire général du FLN à Constantine à son collègue de l'Alliance présidentielle, en l'occurrence A. Ouyahia, lequel, samedi passé, a glorifié le RND en lui attribuant l'essentiel des réalisations du dernier quinquennat.Belkhadem revisitera l'Histoire en évoquant, devant près d'un millier de personnes, la succession des luttes livrées par le pays, s'appesantissant notamment sur les dures conditions et les contraintes rencontrées par les dirigeants politiques au lendemain de l'indépendance, compte tenu de l'absence d'une organisation économique cohérente construite autour d'une industrie réelle, en soulignant que la France s'est contentée de faire de l'Algérie son grenier et de mettre en place une petite industrie de consommation limitée à des conserveries de poissons et des manufactures de tabac. Cette évocation est faite, pour dénoncer le contre-discours du reste de la classe politique qui n'arrête pas de faire de l'absence de perspectives économiques pour le pays, exception faite des hydrocarbures, un fonds de commerce. «Nous sommes conscients que le pays ne peut éternellement vivre de ses hydrocarbures, qu'il faudrait également diversifier l'économie et trouver les moyens de créer la croissance et partant donc de créer de l'emploi et résorber le chômage.» Et c'est à partir de ce constat qu'il considère que son parti vient avec un véritable programme et qu'à l'issue du quinquennat 6 ou 7% de croissance seront effectivement atteints. «Parce que nous serons majoritaires au gouvernement avec pour condition sine qua non de réussir à résorber le chômage, car nous n'aurons de cesse de ramener le taux actuel de 10% à 2% au minimum, nous ferons tout pour qu'il n'y ait plus aucun chômeur dans le pays et que les 450 000 demandeurs d'emploi que connaît le marché chaque année seront automatiquement absorbés.» Pour Belkhadem, à l'issue de la prochaine législature, le pays «ne fera plus partie des pays dits en voie de développement mais des pays émergents. Nous vous disons tout cela juste pour vous rappeler et surtout vous exhorter à croire en ceux qui ont un programme, un programme fiable et cohérent. Et ce programme le FLN en dispose comme il en a disposé depuis 2002. Nous vous en donnons pour preuve la majorité que nous détenons aussi bien au niveau du Parlement que des APC et APW. Nous vous disons tout cela aussi pour que le 10 mai vous nous renouveliez votre confiance.»Le SG du FLN n'a aucune objection à l'émergence d'un capitalisme national ou à la présence de capitaux étrangers en Algérie, mais plaide tout aussi pour un secteur public dans la mesure où il confirmerait sa compétitivité sur le terrain. «Le secteur privé a largement sa place et le secteur public est aussi essentiel.» Belkhadem dira du FLN qu'il «reste le parti le plus important dans le pays, certes il arrive que sa sérénité soit ébranlée mais cela n'érodera en rien sa vitalité».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.latribune-online.com