Constantine - A la une

«Nous ne voulons plus revenir à l'avant-22 février»



La marche des étudiants est devenue un rendez-vous inévitable de mobilisation pour toute la communauté universitaire, mais aussi pour les simples citoyens qui ne ratent plus cette occasion pour manifester leur colère contre le pouvoir, après la journée «sacrée» du vendredi.On les attend chaque mardi. Ils sont toujours au rendez-vous. Peu importe leur nombre. Le plus important demeure le maintien de la pression.
La marche des étudiants est devenue un rendez-vous inévitable de mobilisation pour toute la communauté universitaire, mais aussi pour les simples citoyens qui ne ratent plus cette occasion pour manifester leur colère contre le pouvoir, après la journée «sacrée» du vendredi.
Hier encore, la marche a bien eu lieu à Constantine, à l'heure prévue et sur le traditionnel parcours du centre-ville depuis la place Colonel Amirouche en passant par la rue Abane Ramdane, la place des Martyrs, les allées Ben Boulaïd, la place du 1er Novembre, puis les boulevards Boudjeriou et Belouizdad. Actualité oblige, les manifestants n'ont pas dérogé à la règle.
Les slogans rejetant encore une fois les élections organisées par «la bande» ont fusé de partout. «Nous ne voulons pas revenir à l'avant-22 février, car le peuple a toujours réclamé le départ des symboles du système, Bensalah, Bedoui et Gaïd Salah.
On veut nous imposer le fait accompli, mais nous ne voterons et nous refusons même ces candidats qui représentent toujours l'ère du bouteflikisme», ont déclaré des manifestants. Sur tout le parcours de la marche animée sous le regard passif des passants, qui ne s'empêchaient pas quand même de filmer avec leurs téléphones portables, tous les signes étaient opposés à la tenue des élections par la «îssaba» (la bande).
«La Tebboune, la Benflis, echaâb houa errais !» (Ni Tebboune ni Benflis, le peuple est le Président), lisait-on sur des pancartes. Les manifestants infatigables, qui ont tenu à ce que la marche se déroule sans incidents, n'ont pas cédé pour autant aux nombreuses provocations émanant de certains énergumènes, notamment à la place du 1er Novembre (ex-place de La Brèche).
C'est dans ce lieu hautement symbolique qu'a eu lieu le clou de la journée, avec un rassemblement remarquable devant le siège de la cour de justice et que des voix se sont élevées en chantant : «Adala betilifoun oua El Gaïd Salah ouala feraoun» (La justice au téléphone et Gaïd Salah est devenu un pharaon). Histoire de dénoncer la vague d'arrestations des manifestants lors des dernières marches et réclamer la libération des détenus d'opinion.
Les noms de ces derniers, dont le nombre est estimé à plus de 70 personnes mises sous mandat de dépôt, selon la Commission nationale pour la libération des détenus (CNLD), ont été inscrits sur des banderoles accrochées sur l'une des façades du palais de la culture Al Khalifa, où il y avait une foule nombreuse. Et de poursuivre en criant : «Echaâb marahouch habess, eddouna kamel lelhabs !» (Le peuple ne s'arrêtera pas, même si vous allez nous mettre tous en prison). De quoi rassurer sur l'avenir du hirak. Un mouvement qui est né pour ne jamais faire machine arrière.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)