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Moins de 300 km du réseau AEP renouvelés en dix ans



Moins de 300 km du réseau AEP renouvelés en dix ans
Il y a quelques années, Abdelmalek Sellal, alors ministre des Ressources en eau, déclarait, lors du 5ème Salon international des équipements et services de l'eau : «En Algérie, nous ne savons pas gérer l'eau. C'est une affaire de management dont le pays accuse de grandes insuffisances». Aujourd'hui encore, le constat est le même. Affligeant ! Ces dix dernières années, l'Etat a consenti des milliards pour le secteur de l'eau en faisant appel à des entreprises étrangères pour réhabiliter le réseau vétuste d'alimentation en eau potable (AEP), mais aussi en tentant l'expérience de la gestion déléguée, mais celle-ci a tourné court, un véritable flop, à Alger comme à Constantine.Les Français sont repartis et sur le terrain, peu de changements sont visibles. Les fuites sont toujours aussi nombreuses et le taux de déperdition reste élevé. En 10 ans, Constantine a payé le prix fort d'une politique de l'eau? non payante puisque les points positifs se comptent sur les doigts d'une main! Durant ces dix dernières années, moins de 300 kilomètres de réseau AEP ont été refaits au niveau de la wilaya de Constantine sur un total de 2 000 kilomètres (1709 pour la distribution et 306 réservés à l'adduction).Autant dire une goutte d'eau dans l'océan eu égard à l'omniprésence et la récurrence des fuites d'eau dans une ville où une grosse pointure française a pourtant été sollicitée pour mettre un terme à l'hémorragie chronique du précieux liquide.Piloté par la société des Eaux de Marseille (SEM) présidant un groupement d'entreprises composé de Sogreah, une société d'ingénierie et de conseil, et de China Geo-Engineering coopération (CGC), une entreprise chinoise de travaux, le programme de réhabilitation d'une partie du réseau AEP, entamé en mai 2005 par l'ex-ADE, n'avait malheureusement pas tenu ses promesses.Cette opération avait pour objectif de renforcer le réseau AEP avant la mise en service du barrage de Beni Haroun, destiné à alimenter plusieurs wilayas de l'Est du pays. Celle ci se soldera par un échec. La SEM rate sa mission première, à savoir relever le taux d'efficacité du réseau à 75 %, et réduire au maximum les fuites d'eau. Les 130 km de réseau renouvelés dans les communes de Constantine et El Khroub n'ont pas été suffisants pour réduire les déperditions de l'eau. Encore moins les 140 km refaits depuis 2013, dont 62 au cours du 1er trimestre 2014.Des fuites à l'infiniCette déconvenue n'empêchera toutefois pas le gouvernement de renouveler sa confiance à la SEM, en 2008, en lui accordant la gestion déléguée de l'eau dans la ville du vieux rocher pour réformer la gestion de ce liquide précieux et renforcer l'efficacité des réseaux de transfert et de distribution ainsi que la réalisation d'un schéma directeur de l'eau, pour la coquette somme de 3 milliards de DA.Loin de donner satisfaction au gouvernement, la société de Loïc Fauchon a finalement fait ses valises en juillet dernier, laissant derrière elle, un travail inachevé. Pire, les services de la Seaco sont toujours tout autant sollicités pour effectuer des réparations sur le réseau AEP, sachant que pour le premier trimestre 2014, plus de 2010 fuites, dont 80 % sur les branchements, ont été réparées. La commune de Constantine arrive en tête avec 41% de fuites, suivie par celles d'El Khroub et Hamma Bouziane avec 21% et 9% respectivement.Autant dire qu'énormément de m3 sont gaspillés quotidiennement dans différents quartiers de la wilaya! Au cours du premier trimestre 2014, la Seaco a produit un volume d'eau de l'ordre de 32,3 millions de m3 pour un volume d'eau distribué estimé à 29,4 millions de m3.Consécutivement au fort taux de déperdition de l'eau potable évalué à plus de 40% (selon les estimations des services de la Seaco) des milliers de m3 se perdent ainsi, chaque année dans la nature.Paradoxalement, une source proche de la direction des ressources en eau de Constantine (DRE), nous a assuré qu'«il y a un manque d'eau à Constantine, car le volume reçu par le barrage de Beni Haroun est insuffisant».Des ressources à vau-l'eauL'eau ne manque pas pourtant. A la faveur d'une bonne pluviométrie, le barrage de Béni Haroun est actuellement en surplus, contraignant les responsables du secteur à effectuer des lâchers d'eau, déversant ainsi des milliers de m3 dans la nature sans que la population ne puisse en profiter. Un fait qui résume bien les propos du Premier ministre au sujet de la mauvaise gestion de l'eau dans notre pays. Serait-ce donc à cause du manque d'eau que le projet de Seaco relatif à la distribution à 100% de l'eau potable en H 24 dès la fin 2014 n'a pas pu être concrétisé ' Pour cette raison, mais aussi parce que ce projet devait être mené à bon port par la société des Eaux de Marseille, nous dit-on, d'autant après leur départ la donne a complètement changé. La distribution de l'eau H24 n'est actuellement qu'à 80 % au niveau du territoire de la wilaya, soit 19 heures par jour. Au niveau de la commune de Constantine, elle est estimée à 21,46 heures.Cela dit, cette distribution n'est pas propre à tous les quartiers puisque certaines cités continuent à être desservies 1j/2 et 1j/3. La mise en service de plusieurs barrages au niveau de la wilaya de Constantine, dont un à El Guemmas d'une capacité de 50 000 m3 et un autre de 2 500 m3 à Benchergui, reste pour l'heure insuffisant pour que le service H24 arrive au taux de 100%.L'on apprendra, par ailleurs, que l'étude du schéma directeur, non accompli par la SEM, a été confié, nous dit-on, à la fin de l'année dernière au Groupe Merlin/ Progress, pour un délai de 12 mois. Encore des frais investis dans un secteur budgétivore, dévorant des sommes colossales pour des résultats très mitigés, sachant qu'en deux ans seulement près de 18 milliards de DA (2 milliards en 2014 et près de 16 milliards en 2013) ont été adjugés à Constantine pour le lancement de nouveaux projets hydrauliques.


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