
La mise en marche des accélérateurs des centres de radiothérapie de Constantine, Blida et Annaba ne peut que soulager les malades atteints du cancer. Le centre de Constantine accueillera les premiers malades en juin prochain.Rym Nasri - Alger (Le Soir)Selon les normes, il faut deux machines de radiothérapie pour un million d'habitants. Un matériel qui nécessite d'ailleurs d'être renouvelé tous les 10 à 12 ans.Or en Algérie, «ces machines sont restées plus de 25 ans sans être changées. Elles sont vétustes et obsolètes. Même les pièces de rechange ne sont plus disponibles vu l'ancienneté des modèles», a indiqué le professeur Aïcha Djamaâ, chef de service radiothérapie au CHU de Constantine, hier, à Alger.Pour elle, les lourdeurs administratives ont empêché d'acquérir un nouveau matériel. Et de citer l'exemple du Trésor public qui «avait refusé de transférer l'argent vers des banques étrangères».Le Pr Aïcha Djamaâ évoque également un autre problème qui entrave le renouvellement des machines. «Nous n'avons pas d'entreprises qualifiées», dit-elle avant de souligner la nécessité de faire appel aux entreprises étrangères.Elle affirme qu'à Constantine, l'équipement est resté trois années et demie dans des caisses «alors que des malades mourraient».«Le centre de radiothérapie de Constantine recevra enfin les premiers malades en juin prochain», assure-t-elle. Et d'ajouter que les accélérateurs des centres d'Annaba et de Blida seront fonctionnels d'ici fin 2015. Insistant sur la mise à niveau du CHU d'Oran et la mise en place du troisième accélérateur au CPMC (Centre Pierre-et-Marie-Curie), la spécialiste indique en outre que le secteur privé se dotera prochainement de trois cliniques spécialisées?: une à Tizi-Ouzou et deux autres à Alger.«Tous ces centres et cliniques seront opérationnels d'ici fin 2019. Ils permettront ainsi de rapprocher les délais des rendez-vous pour la radiothérapie», assure-t-elle encore. La chef de service radiothérapie au CHU de Constantine reconnaît, par ailleurs, l'«insuffisance» des manipulateurs et physiciens médicaux. «Aujourd'hui, l'équipement de la radiothérapie est sophistiqué et nécessite de former des manipulateurs et des physiciens médicaux. Même la formation des secrétaires médicaux, chargés de fixer les rendez-vous, s'impose», dit-elle. Optimiste, elle précise qu'une promotion de manipulateurs est attendue pour cette année.De son côté, le professeur Kamel Bouzid, chef de service d'oncologie médicale au CPMC, compare la manipulation des accélérateurs de la radiothérapie au pilotage d'un avion. «Les conséquences d'une mauvaise manipulation peuvent être dramatiques», dit-il.Il revient également sur le rôle du médecin qui, selon lui, a été «dénaturé». Il estime qu'il n'est plus question d'envoyer les malades avec des lettres et de leur demander de se débrouiller pour trouver un rendez-vous de radiothérapie. Il a, ainsi, insisté sur la «pluridisciplinarité» dans la prise en charge du cancer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ry N
Source : www.lesoirdalgerie.com