La mise en
application des dispositions de la loi n°O8-15 du 2O juillet 2OO8, fixant les
règles de mise en conformité des constructions et leur achèvement, a constitué
le thème des débats lors de l'émission «Forum», de la radio régionale diffusée
hier matin.
A cette occasion,
et le moins que l'on puisse dire, il a été démontré que 2 ans après la
promulgation de la loi, cette opération piétine au vu du nombre insignifiant
des dossiers recueillis par les communes et envoyés à la direction de
l'urbanisme et de la construction (DUC) pour étude et délivrance du certificat
de conformité. Et les responsables de l'administration présents sur le plateau
ont imputé ce retard à différents facteurs dont la mise en place tardive des
mécanismes d'application de la loi sachant que les commissions chargées de
l'application n'ont été constituées qu'après la réunion tenue à Constantine le
29 Octobre 2OO9 avec le ministre de l'Habitat. Aussi, il faut noter que c'est
seulement en juin 2O1O que l'opération a été officiellement lancée. En plus de
cela, ils ont invoqué le manque de moyens matériels pour recenser les très
nombreuses constructions non conformes aux lois, qui a ralenti considérablement
le rythme de l'opération.
Invité à donner
les chiffres sur les dossiers qui ont été déposés dans son administration, M.
Filali, le représentant de la direction de l'urbanisme et de la construction de
la wilaya de Constantine, a déclaré que cette loi expire en 2O13 alors que son
administration n'a reçu, en tout et pour tout, que 1396 dossiers de demande de
certificat de conformité, sur un nombre de constructions non conformes qu'il a
estimé, sans plus de précision, à plus de 5OOO. Il a imputé ce rythme très lent
aux citoyens qui, selon lui, ne se bousculent pas aux portes des communes pour
régulariser leur situation. « Il n'y a que ceux qui s'apprêtent à vendre
l'habitation ou à la recevoir en héritage qui se présentent aujourd'hui»,
a-t-il noté. « Pourtant, rétorque une journaliste, l'ancien wali avait
recommandé de faire d'abord un recensement avant de lancer l'opération alors
que les estimations qui ont été faites font ressortir qu'il y a, dans la seule
commune de Constantine environ 2O.OOO bâtisses qui sont concernées par le
certificat de conformité». A une autre question sur les difficultés rencontrées
par les citoyens pour obtenir ce certificat, le représentant de la DUC et celui
de l'APC d'El Khroub, les seuls interlocuteurs qui ont fait face aux questions
des journalistes et des auditeurs, leur collègue de l'APC de Constantine ayant
fait défection, ont évoqué le principal obstacle qui est d'ordre juridique et
qui résulte de la construction sur des terrains privés achetés sans actes de
propriété. Dans ce cas, ont-ils affirmé, le propriétaire de l'habitation doit
régler la situation du foncier avant de présenter le dossier à
l'administration. «Le nombre de bâtisses construites sur des terrains publics
ne dépasse pas les 5OO. Le reste est situé sur des terrains privés. D'où la
complexité de l'opération et le rythme de son déroulement», a fait observer M.
Filali.
M. Rouabah, le
représentant de la commune d'El Khroub, a donné le chiffre de 421 dossiers
venant de la commune, qui ont été déposés à la DUC depuis le lancement de
l'opération, dont seulement 23 pour l'obtention du certificat de conformité. «
Ces chiffres parlent d'eux-mêmes !», a-t-il fait remarquer en estimant qu'il y
a quelque part, au niveau de l'administration, une incompréhension de la loi et
qu'il faut accélérer les procédures administratives.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : AMallem
Source : www.lequotidien-oran.com