Constantine - A la une

Mi-ange, mi-démon 22eme partie



Mi-ange, mi-démon 22eme partie
Résumé : Omar est parti à Constantine. Quand sa femme l'appelle, il la tient pour responsable de la situation. Il regrette de l'avoir écoutée et de ne pas avoir dénoncé Saïd. Nadia n'en a pas la force. Elle a mal, rien qu'en y pensant, car même criminel, il reste son frère...
-Non, ne fouille pas, la prie Ghania qui la voit prendre un carton du cagibi. S'il s'en aperçoit, il va faire un malheur !
- Non, les papiers de la voiture sont ici, répond Nadia en l'ouvrant. Les voilà' Papa et maman avaient ouvert un compte commun. Saïd ne le sait pas, il ne doit pas le savoir. S'il réussit à mettre la main sur les économies, j'ignore ce qu'il en fera ! Je ne le reconnais plus. Si j'écoutais Omar, j'irais tout de suite le dénoncer !
Mais toutes deux éprouvent le même sentiment. Le lien du sang est plus fort que le danger que représente leur frère.
- Qu'est-ce que tu vas en faire '
- Rien. Je vais les garder.
Les deux s'urs sursautent quand Saïd rentre.
- Qu'est-ce que vous faites ici ' C'est quoi ces papiers ' interroge-t-il Nadia en lui prenant les papiers des mains. Mais c'est une licence d'importation de véhicule. Papa a acheté une voiture. Une Golf en plus ! s'écrie-t-il. Où est-elle ' Qu'en a-t-il fait '
- Je ne sais pas, ment Nadia. Peut-être qui l'a revendue ' Peut-être, mais'
Saïd brandit une petite carte d'un parking.
- Je suis sûr qu'il lui a loué un petit coin à l'ombre ! dit-il. Je vais aller lui rendre visite.
- Tu te fais des idées.
- Idées ou pas, je vais aller voir de mes yeux. Je passerai par ton quartier pour te la montrer. D'ailleurs, tu viens avec moi ! Comme ça je n'aurais pas à passer par ton quartier.
Nadia ne peut pas refuser. Ghania lui recommande d'être prudente.
- Ne lui fais pas confiance, lui murmure-t-elle. N'accepte pas de l'accompagner ailleurs.
Nadia la rassure d'un petit sourire. Elle suit son frère jusqu'à la station de taxi et ils partent ensemble à Kouba. Ils vont voir le propriétaire du parking.
Il loue aussi des garages. Il les mène à la Golf et Saïd pousse un cri de joie en la voyant.
- J'espère qu'ils sont au paradis, dit-il à propos de ses parents. Ils n'auraient pu faire mieux pour mon bonheur !
- S'ils avaient su que tu allais mal tourner, ils ne te l'auraient pas achetée, lui répond-elle. Qu'est-ce que tu vas faire avec une voiture ' Tu n'en as pas besoin !
- C'est vrai mais elle peut être utile pour mes amis, lâche-t-il avec un sourire au coin de la bouche. Même les économies' Elles serviront aux achats. Tu vois ce que je veux dire '
Les clés en main, Saïd vérifie l'état du moteur avant de se mettre au volant.
- Monte ! lui dit-il. Les sièges sont confortables.
- Même les prisons sont confortables, rétorque-t-elle. Il y a toutes les commodités' Enfin, si tu ne te fais pas abattre avant. C'est ce qui arrive chaque jour, lui rappelle Nadia. Pourquoi es-tu avec eux '
- Comme ça' Tu n'as pas à savoir pourquoi ! Ne cherche pas à t'en mêler. Tu y risquerais ta vie. Et ton mari ' Il doit m'en vouloir, dit Saïd sans sourire, le regard perçant.
- Il est parti, répond Nadia. Tu es content maintenant '
- Il vaut mieux être éloigné de lui que de l'avoir six pieds sous terre, murmure Saïd. S'il n'était pas parti de lui-même, tu ne peux pas t'imaginer ce qui lui serait arrivé !
- Tu veux dire qu'ils' qu'ils t'ont demandé' Nadia s'interrompt. Elle a la gorge nouée. S'ils lui ont demandé de s'en prendre à Omar, Yanis allait connaître le même sort. Tout prochainement.
- Oui, remercie-moi' J'ai sauvé ton mari d'une mort certaine et douloureuse !
- Et pour Yanis, qu'est-ce que tu comptes faire '
- J'ignore ce qu'ils vont faire de lui. Mais je ferai tout pour qu'il ne lui arrive rien, lui affirme Saïd. Je te le jure.
Nadia pleure. Son frère est irrécupérable. Elle est terriblement peinée pour lui. Puis sentant qu'il est moins agressif que tout à l'heure et un peu plus proche qu'avant, elle l'interroge sur ses activités au sein de ce groupe armé. Elle a mis sa peur de côté. Et même sa colère. Elle a besoin de savoir'
(À suivre)
A. K.
Vos réactions et vos témoignages sont les bienvenus : adilaliberte@yahoo.fr
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)