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Mariée sans le savoir



Mariée sans le savoir
C'est un cas dramatique, et pour le moins insolite, qui fait d'une personne à la fleur de l'âge une victime de par sa condition de femme. Cette jeune fille constantinoise avait accepté qu'un prétendant se présente pour demander sa main à son père.La cérémonie a lieu au domicile parental sis au centre-ville de Constantine et tout se passa bien : le père accepte la demande, on boit de la limonade et pour soi-disant bénir l'accord, les présents lisent la Fatiha, en présence d'un imam. Les jours passent, et pendant ce temps la jeune femme change d'avis et décide de rompre les fiançailles avec l'accord de sa famille. Cependant, l'étape s'avère plutôt compliquée, car le fiancé refuse la rupture, arguant que la jeune femme est son épouse légitime. L'argument paraît absurde à la femme et sa famille, mais son univers ne tarde pas à basculer quand elle reçoit une convocation du tribunal. Le fiancé éconduit a introduit, en effet, une requête auprès du tribunal du statut personnel, et avec des photos de la cérémonie, il a tenté de prouver que la Fatiha lue le jour de la demande faisait de la jeune femme son épouse légitime.Ce que la concernée et son père ont réfuté catégoriquement, jurant qu'il ne s'agissait nullement de sceller les liens du mariage et que les traditionnels v?ux religieux n'ont pas été formulés. Le plaignant fut débouté, mais cela ne l'a pas empêché de faire appel devant la cour de Constantine. En outre, le père et le frère de la jeune femme se sont retrouvés devant d'autres tribunaux accusés de menaces et de coups et blessures sur la personne du demandeur. Un véritable cauchemar pour la famille. Quant à la femme, inutile de dire le traumatisme que lui cause ce scénario inattendu, et surtout cauchemardesque, d'autant qu'elle se plaint de harcèlement continuel de l'homme, dans son milieu de travail et ailleurs.Le directeur des affaires religieuses de la wilaya de Constantine a confirmé à El Watan l'interdiction formelle faite aux imams de présider des cérémonies de Fatiha dans d'autres lieux que la mosquée. Une mesure de plus pour éviter les nombreux problèmes liés au mariage et dont la femme est la première victime. Cette interdiction s'ajoute à la loi ayant fait obligation aux imams de ne sceller des relations qu'après la signature du contrat administratif de mariage. Il a aussi affirmé que des cas comme celui de la jeune femme de Constantine sont nombreux, mais contrairement à cette famille, il n'y a jamais eu de plainte. Dans ce cas vécu à Constantine, les conditions légales et religieuses ne sont pas réunies pour qu'on puisse parler de mariage scellé. Pourtant, cela n'a pas empêché une femme de se retrouver traînée devant les tribunaux, le c?ur empli par le sentiment d'injustice et l'incompréhension. Quelque chose manque dans le système pour éviter cette absurdité.
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