
Malgré tous les efforts consentis, l'Algérie est toujours classée parmi les Etats atoniques dans le domaine des technologies de l'information.Elle enregistre un recul considérable, selon les dernières classifications apparues dans le rapport mondial des technologies de l'information. Elle est passée du 80e rang en 2008 au 131e en 2013, et au 129e en 2014, et cela parmi 148 pays recensés. Devant cet état de fait, il devient impératif de se pencher sur les facteurs qui contribuent à l'adoption des technologies de l'information dans les entreprises et les administrations publiques. Dans cette optique, l'université Abdelhamid Mehri (Constantine 2) organisera les 10 et 11 octobre prochain un séminaire sur «Le management des entreprises et des administrations publiques à l'ère des TIC».L'évolution des technologies de l'informatique et de la communication (TIC) a mis au pied du mur l'administration et ses arcanes ainsi que l'ensemble du tissu industriel qui n'avait d'échappatoire que le fait de s'aligner sur une gestion 2.0 «Il n'y a pas longtemps, les entreprises adoptaient l'informatique pour l'automatisation des tâches administratives et répétitives (comptabilité, facturation, paie?), mais depuis l'apparition de l'internet, elles se convertissent de plus en plus en de nouvelles réalisations innovantes en puisant des ressources offertes par les technologies de l'information et de la communication.Plusieurs activités de l'homme se trouvent aujourd'hui électroniquement clonées, permettant ainsi l'apparition du courrier électronique, le commerce électronique, le gouvernement électronique'et faisant en sorte que les économies de service transitent vers les économies de l'information, soutenues par l'émergence des sources de l'information et de la connaissance», selon le document de présentation publié sur le site de l'université.Les mues opérées à ce niveau ont induit des adaptations, qui ont trouvé ancrage progressivement dont «l'organisation pyramidale a laissé la place aux organisations souple et adaptable, la restructuration des niveaux hiérarchiques vers l'horizontalité de la structure, la délocalisation du travail, le recours au travail collaboratif, et dans tout ça, le facteur humain occupera désormais la place centrale», peut-on lire en préambule du document.Le séminaire en question, organisé en collaboration avec le Laboratoire Grand Maghreb : Economie et Société, la Fondation Hanns Seidel et CEGID Education (Lyon-France), arrive à point nommé pour évaluer l'incidence technologique dans la gestion des administrations et les PME. Le recours aux technologies dans ces sphères n'a pas été d'emblée mais suivant une succession d'introduction en raison de moult facteurs, dont ceux des ressources humaines, maîtrise des TIC et gestion des projets électroniques. L'évaluation académique sera effectuée à travers huit axes d'intervention, ponctué chacun de cinq à six communications.Trois expériences seront exposées pour mesurer le taux de l'acquisition des technologies, via les pays de l'Afrique du Nord, des pays émergents Brics et des pays développés. «Aujourd'hui, la compétitivité est mesurée par la capacité des entreprises à fournir des technologies qui peuvent traiter une très grande quantité d'informations, et de les présenter aux dirigeants dans les moments les plus opportuns afin qu'ils puissent prendre les décisions appropriées», a-t-on argumenté, tout en mettant en avant quelques écueils. «Mais l'accès à ce niveau exige la création des conditions favorables pour la mise en œuvre d'une industrie des technologies fiables.Notamment, par la maîtrise des technologies de l'information, la fourniture d'une infrastructure moderne et adéquate, l'acquisition d'une ressource humaine qualifiée avec un système de formation développé, sans oublier d'instaurer un cadre juridique qui doit suivre le rythme des nouveautés issues du développement de la technologie de l'information, afin de préserver les droits et encourager les entreprises à investir dans ce domaine et à inciter le consommateur à utiliser ces technologies avec confiance et en toute sécurité.»Si la modernisation de l'administration, comme stipulée par la stratégie gouvernementale, transite par la numérisation, l'entreprise elle, pour s'y confirmer, ne peut plus faire l'impasse sur l'automatisation. Ultime moyen pour optimaliser les rendements et les gains de temps. Les spécialistes aborderont ce problème et tenteront de mettre le doigt sur les failles et les dysfonctionnements de ce système en Algérie : «L'adoption des systèmes automatisés dans les entreprises et les administrations publiques algériennes est lente et simpliste.Ces systèmes adoptés ne répondent pas aux ambitions exprimées et restent très basiques et ne permettent que l'automatisation de quelques opérations de routine de certaines fonctions et procédures.» Et à eux de souligner que le comportement du consommateur algérien vis-à-vis des technologies de l'information diffère d'un projet à l'autre.Ce qui signifie, selon l'analyse des organisateurs : «que bénéficiaire de solutions apportées par les technologies de l'information ; son utilisation des technologies varie d'une position à une autre, d'une part, il se précipite à acquérir les derniers services offerts par les entreprises de téléphonie mobile battant de la sorte tous les records, et d'autre part, sa sollicitation des cartes à puce d'Algérie Poste a enregistré des niveaux d'utilisation extrêmement bas, malgré les dépenses phénoménales réalisées pour répandre l'utilisation de ces cartes».L'Algérie électronique 2013Décortiquer le management des entreprises et de l'administration signifie aussi faire le point sur une expérience nationale, intitulée L'Algérie électronique 2013. Cette stratégie «portait sur plusieurs aspects importants, mais totalement exposée à la critique pour des raisons différentes : sa dépendance à l'argent public, le coût élevé dû à une stratégie ambitieuse, et la difficulté de réalisation dans une période limitée à cinq ans, considérée comme très courte.Cependant, la stratégie, via les entreprises des technologies de l'information, a été enregistrée», a-t-il été rappelé. Pour les profanes, cette dynamique deviendrait familière si on évoque des projets tels que «Osratic», censé aider six millions de familles algériennes à acquérir un ordinateur, ce qui a été en définitive un total fiasco puisque les banques y ont très peu adhéré.Plus familier encore, la carte de sécurité sociale Chifa que tout Algérien connaît ou encore les parcs technologiques, la téléphonie mobile ou les cartes de retrait d'Algérie Poste. «Toutefois, malgré tous les efforts déployés, l'Algérie est toujours classée parmi les Etats atoniques dans le domaine des technologies de l'information. En plus, elle enregistre un recul considérable, selon les dernières classifications apparues dans le rapport mondial des technologies de l'information, où elle est passée du 80ième rang en 2008 au 131ième en 2013, et au 129ième en2014, et cela parmi 148 pays recensés», préciseront les rédacteurs du communiqué. D'où l'intérêt de plancher sur les facteurs qui contribuent à l'adoption des technologies de l'information dans les entreprises et les administrations publiques.Le conclave d'octobre prochain à l'université Constantine 2 «vise à mettre l'accent sur les réalités d'utilisation et de développement des technologies de l'information en Algérie, et à exposer les expériences des pays à travers le monde afin de tirer les leçons et les meilleurs pratiques exercées dans ce domaine et sortir à la fin avec des recommandations pour le cas de l'Algérie, tout en prenant en considération ses aspects socio-économiques et culturels», conclut-on.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Naïma Djekhar
Source : www.elwatan.com