Nasser Hannachi
Il ne suffit pas de construire des tas de salles pour accueillir une jeunesse en manque de distraction ou d'activité pédagogique. L'essentiel est de pouvoir allier gestion et programme à travers une réorganisation au sein de ces établissements. En ce sens, la directive du MJS donnait le ton il y a quelques mois. Du moins les premières retombées ne se font pas sentir à l'échelle locale
Le secteur de la jeunesse et des sports a investi gros en matière de développement des infrastructures.
Au point d'enclencher une série de réhabilitations et de réalisations de multiples maisons de jeunes avec exception faite à la nouvelle ville Ali-Mendjeli qui s'est vue doter à la faveur du programme de mise à niveau de 6 espaces du genre. Et ce, en raison du nombre croissant de la population.
Le programme tel qu'édicté par les pouvoirs publics ne se limite pas seulement à multiplier des salles, mais vise une autre forme de mise à niveau. Celle liée à la formation comme consignée dans la feuille de route adoptée par le ministère pour pallier une carence organisationnelle et booster les créneaux. Ainsi les gérants doivent être à jour avec les alinéas du ministère. A commencer par limiter le champ d'action des maisons de jeunes au seul besoin de la jeunesse et donc bannir toute organisation «festive» qui n'entre pas dans la réglementation. «Point de fête extra activité», souligne un cadre local affilié au secteur. «Par le passé ces aires sont prisées par des
personnes qui les exploitent de temps à autres dans des réceptions et autre assemblées des clubs sportifs de football de première division», a-t-il ajouté. Difficile d'assurer une mutation qui s'est ancrée profondément. De surcroît le manque flagrant en ressources humaines pourra handicaper cette transition. A cela s'ajoute le manque de données sur les acteurs ou formateurs appelés à manager les lieux. «L'option de confier le fonctionnement intérieur aux intéressés, c'est-à-dire les jeunes, s'avère une option positive. Mais cette perspective devra être précédée par un recensement de toutes les forces compétentes afin d'opter pour un dispatching adéquat menant vers une bonne réorganisation», soutient notre source. Pour l'heure les échos ont trait notamment à la réhabilitation et le lancement de projets inscrits à travers quelques communes qui en manquent. Constantine renferme 31 établissements (maisons de jeunes et auberges). Ils sont répartis à travers toute la wilaya question d'occuper «sainement» toute la jeunesse de Constantine. Leur budget et gestion sont assurés par l'Odej. Implantées judicieusement au point névralgiques de la cité où l'absence de moyens de distraction pédagogique fait cruellement défaut, ces domaines engrangent autant d'adhérents qui s'adonnent à de multiples activités sportives, musicale, peinture,'Par exemple le centre réalisé à Bourmerzoug cité populeuse, il y a près de trois ans, a pu drainer bon nombres d'adhérents des quartiers limitrophes. Véritables réceptacle des prouesses locales, les maisons de jeunes nécessitentune vulgarisation intense. Un organigramme. C'est ce dont ont besoins les gestionnaires pour honorer leur engagement de managers. Certes, la tutelle a émis une directive, mais sans mesures d'accompagnement et de suivi le bricolage plat prédominerait au sein des établissements de proximité, ce cheval de bataille visant la résorption des maux de société (délinquance, tabagisme, drogue,'), outre, l'aspect culturel compétitif qui y règne pour contribuer au vecteur de socialisation. Le mouvement associatif, potentiel motrice animant les espaces, devra selon des observateurs puiser dans les sphères culturelles et sportives les plus avérées afin de conforter la mission des maisons de jeunes et de loisir. Une façon de casser la routine des séances artistique sportives ou autres, préfabriquées, et concourir efficacement à une concurrence en diverses localités de la wilaya. «Il faudra dépasser le stade du satisfecit démesuré et aller chercher le «terreau» qui puisse apporter un plus en matière de fonctionnement. Cela s'acquiert par la concertation avec les secteurs de la culture, du sport, etc.», note un instructeur. En définitive les maisons de jeunes demeurent un maillon fort dans la chaîne de distraction cérébrale. Pour peu que les prérogatives arrêtées par la tutelle soient respectées, voire appliquées en vue de faire de ces espaces un champ actif et non passif qui ouvre et ferme ses portails sur commande conjoncturelle.
N. H.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com