
Il arrive rarement que la salle Ahmed-Bey de Constantine, la plus grande du pays avec ses 3000 places, reçoive autant de monde. Mais Lounis Aït Menguellet a réussi à drainer, lundi dernier, un large public. Des centaines de personnes ont fait le déplacement pour voir leur idole. EIles sont venues en solo, en couple ou en famille écouter les paroles d'un poète et apprécier les belles mélodies d'un chanteur.Ils étaient de tous les âges rendant le zénith de Constantine, l'espace d'une soirée ramadanesque, une espèce de "halqa" intergénérationnelle suspendue aux paroles du troubadour.Durant deux heures de temps, l'enfant d'Ighil Bouamaas, a décliné près de 20 chansons de son ancien et nouveau répertoires, faisant vivre aux jeunes et moins jeunes, des moments intenses, et faisant voyager les anciens dans les années seventies et eighties.Trois générations étaient représentées dans une salle trompée aux couleurs vives de la robe des monts du Djurdjura et scintillant aux éclats du bijou des Ath yenni. Le public de Ait Menguellet, comme il nous l'a encore précisé en coulisse, était et restera pluriel. Et Constantine a confirmé sa vocation de ville culturellement féconde malgré certains clichés régressifs qu'on a tenté de lui coller, il y a quelques années de cela.Le public était à la fois bercé par les paroles, envoûté par la profondeur de la voix et emporté par le rythme du bendir. Isefra, Slem i temzi, Zer kan, Yalla was, Tudert nni... ont procuré aux spectateurs l'envie d'investir la piste de danse pour dire tout l'amour qu'ils portent à l'icône de la chanson berbère. C'est le cas de Lalla Lyakout, octogénaire, drapée de sa robe kabyle aux couleurs vives, accompagnée de son petit-fils, Youghourta vêtu d'un burnous des jours de fêtes. Par moments, il nous était impossible de dire qui était la star de la soirée : ce public formidable, enfants d'une culture plurielle, ou Ait Menguellet aux paroles qui vont droit au c?ur et à la mélodie qui interpelle directement le sens.Mourad KEZZAR
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : KEZZAR Mourad
Source : www.liberte-algerie.com