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LFC 2013 : arrêt des hausses des salaires et facilitations des investissements La réalité des marchés rattrape le discours des pouvoirs publics



LFC 2013 : arrêt des hausses des salaires et facilitations des investissements La réalité des marchés rattrape le discours des pouvoirs publics
Par Amine Echikr
L'euphorie du tout est possible en Algérie est en train de se résorber au fur et à mesure que les pays du monde consomment moins d'hydrocarbures. La crainte pour les équilibres budgétaires est de plus en plus importante. Cependant, aucun changement dans le rythme d'évolution de la dépense publique n'est attendu avant quelques années. Sauf en matière de communication de l'Etat sur son soutien aux différents produits et services et l'arrêt de l'augmentation effrénée des dépenses en matière de salaires dans la Fonction publique.
Ce changement dans le discours était perceptible depuis un moment. Une réorientation dans la manière dont doit être dépenser les ressources budgétaires était également attendu. Le ministre des Finances a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. «Le budget de l'Etat est comme le budget d'un ménage : si on dépense trop et qu'on tire trop fort sur la corde, on va tout perdre», a-t-il affirmé la semaine passée. Les augmentations de salaires, décidées en 2009, ont été faites soit pour un besoin de rattrapage soit pour un besoin de restructuration, a-t-il rappelé. Cependant pour ce qui est du rattrapage, «il faut être très prudent car si on va au-delà, on mettra en difficultés l'avenir de nos équilibres budgétaires», a-t-il averti. Une prudence qui oblige le gouvernement à être beaucoup plus nuancé sur les augmentations de salaires. L'affirmation du Premier ministre, à partir de Laghouat, que le gouvernement en avait fini avec la révision des statuts particuliers et par conséquent avec les augmentations de salaires est venue en réponse aux différents syndicats qui réclament encore plus d'augmentation.
«Notre économie traverse un moment crucial parce qu'elle va devoir basculer d'une demande publique à une demande privée, ménages-entreprises voire exportations, qui tire la croissance. Il s'agit de passer d'une économie quasiment de rente à une économie de production», avait également affirmé Karim Djoudi.
Pour se faire la loi de finances complémentaire pour 2013 intégrera différentes mesures annoncées par Abdelamalek Sellal. Parmi les mesures phares de cette LFC, la généralisation à travers tout le territoire nationale du paiement par le Trésor public des intérêts liés aux dispositifs particuliers de créations d'entreprises tels que les dispositifs Ansej, CNAC et Angem. Cette prise en charge par le Trésor public du paiement des intérêts dus ne concernait, jusqu'à présent, que les régions du sud et des Hauts-Plateaux.
Autres mesures destinées à promouvoir l'investissement dans les wilaya du sud et des Hauts-Plateaux, l'allongement de l'exonération du paiement des impôts sur le bénéfice, le revenu global et la TAP. Cette exonération passera de 6 années actuellement à 10 années pour les bénéficiaires des dispositifs de création d'entreprises. La taxe foncière, dont l'exonération actuellement est de 3 années, passera également à 10 années pour les entreprises qui s'implanteront dans les wilayas des régions précédemment citées.
La LFC introduira également des règles qui définiront les modalités d'accompagnement des jeunes bénéficiaires des différents dispositifs de crédits pour la création de leurs propres micro-entreprises productives. Toutefois, la LFC n'introduira aucun assouplissement dans la règle du 51/49% en matière d'investissement direct étranger.
En matière de dépenses, le budget de fonctionnement sera alourdit de 39 milliards de dinars. Une dépense rendue nécessaire par la revalorisation attendue des primes des fonctionnaires exerçant au sud.
Au niveau du budget d'équipement, la dépense va également augmenter d'au moins une centaine de milliards de dinars.
Les programmes additionnels pour les wilayas et les dépenses liées au fait que Constantine soit capitale de la culture islamique en 2015 devront être budgétisés pour que les opérations puissent être lancées par les départements ministériels concernés.
Toutes ses mesures sont destinées à faire passer l'économie algérienne de son côté rentier vers celui d'une économie productive.
Pour Karim Djoudi qui note que le PIB hors hydrocarbures s'est multiplié par 4 en 10 ans avec une croissance annuelle moyenne de 6%, la demande privée, étant plus importante aujourd'hui devrait «se substituer graduellement à la demande publique» en Algérie.
D'autres démarches sont également entreprises pour redynamiser l'investissement. Il en va ainsi des instructions données aux banques publiques, il y a de cela quelques semaines. Une réunion a regroupé les P-dg des banques publiques et des directeurs régionaux.
Lors de cette réunion, le ministre a appelé les responsables des banques à s'impliquer pleinement dans le dispositif du soutien de l'emploi dans les régions du Sud. Tout en leur demandant de rester conforme aux règles prudentielles et ne pas éluder la question de la garantie bancaire, il leur a demandé d'améliorer les conditions de financement des porteurs de projets tout en 'uvrant en étroite
collaboration avec les fonds de garantie. Différents groupes de travail ont été mis en place et doivent présenter au gouvernement leurs propositions et recommandations avant jeudi prochain. Ces recommandations pourraient être introduites dans la LFC 2013 si elles apportent des innovations juridiques ou/et financières.
Tout semble être orienté vers la création de richesses à travers cette nouvelle LFC. Le soutien de l'Etat se réoriente de manière forte vers la création d'entreprises et d'emplois. Un défi qui ne sera pas simple à relever tant les Algériens ont pris l'habitude d'être assistés.
A. E.
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