
Monsieur le wali,Je suis un modeste citoyen qui, assurément, n'aura jamais le privilège de vous rencontrer dans votre bureau, alors je vous adresse ces quelques mots du fond du c?ur, d'abord pour vous souhaiter la bienvenue et aussi vous dire tous mes espoirs qui reposent désormais sur vos épaules. On vous a certainement prévenu du «champ de mines» qu'est devenu ce vieux Rocher, des intouchables et des Constantinois de service. Monsieur le wali, moi je ne fais pas de politique, c'est juste que mon fils de 42 ans n'a toujours pas pu récupérer le logement LSP qu'il a pourtant payé il y a 12 ans, et ce promoteur Bouchekara (c'est son nom) nous écrase avec sa bedaine et son arrogance. Il est ami avec deux ou trois directeurs de votre administration et le planton en col blanc.Alors il règle ses problèmes et nous pas. Monsieur le wali, j'habite El Gammas et cela fait très longtemps que je n'ai pas vu un responsable dans notre méga cité. Enfin, pas depuis la dernière campagne électorale. On dit que maintenant avec Internet vous pouvez nous voir sans vous déplacer, alors je me dis aussi que peut être vous pouvez zoomer sur El Gammas pour vous faire une idée de la vie de sous-hommes que nous menons malgré nous.Je sais, Monsieur, que vous avez des situations pareilles dans de très nombreux quartiers de Constantine, comme Benchergui, Sidi M'cid et Ziadia, et d'ailleurs, moi et mes amis retraités ne comprenons pas pourquoi c'est ainsi. L'APC ne consomme que 3% du budget annuel de la commune. Selon mon partenaire aux dominos, ils font des économies pour aider l'Etat à faire face à ses difficultés, mais moi je pense plutôt qu'ils n'ont pas le temps pour travailler. J'en connais un qui est toujours occupé à contrôler le chantier de construction de sa villa. Depuis qu'il est «élu», il a construit ce bâtiment à trois façades sur un lotissement illicite, là-haut sur le flanc de la colline, avec vue panoramique sur les ponts. Il n'est pas seul, d'ailleurs.Il y a aussi un chef de daïra et une femme juge, dit-on. Je ne fais pas de politique, Monsieur le wali, c'est juste que l'élu en question est louche. Chaque soir, il rencontre devant chez lui le promoteur Bouchekara et celui-là, je ne l'aime pas. Je crois que c'est lui, aussi, qui ordonne à l'élu de ne pas retaper nos routes et de nous priver d'oxygène et de soleil. Peut-être, Monsieur le wali, qu'un jour vous regardez de plus près mon quartier et peut-être que vous nous ferez des promesses que vous tiendrez, c'est mon seul souhait.Salutations distinguées
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouri Nesrouche
Source : www.elwatan.com